Suite à l’accroissement du cheptel reproducteur constaté en décembre dernier, la production de viande porcine européenne s’est accrue de 4,1 % sur les quatre premiers mois de 2018. Cette hausse devrait être plus modérée sur la fin de l’année, du fait de prix bas et d’exportations à la peine. La production devrait s’élever à 24 millions de tonnes sur l’année 2018 (+ 1,5 % par rapport à 2017), avant de se stabiliser en 2019. Mais cette évolution dépendra des performances à l’exportation.

Une hausse des exportations de 2,5 %

La Commission table sur une hausse de 2,5 % des volumes de viande porcine exportées vers les pays tiers pour cette année, malgré la concurrence des États-Unis et du Canada, nos principaux compétiteurs, dont la production s’accroît également.

Sur le marché mondial, la Chine donne le « la » depuis 2015. Après des importations records en 2016, les achats ont reculé en 2017. Pour 2018, les prévisions tablent sur une nouvelle contraction du débouché, avec un fort recul des importations : - 26 % par rapport à 2017. L’Union européenne va devoir diversifier ses débouchés pour compenser cette perte de marché.

Un recul de 7 % en valeur

D’autres pays asiatiques ont déjà pris le relais : alors que les ventes à la Chine ont reculé de 6 % sur les quatre premiers mois de 2018 par rapport à la même période de 2017, les volumes totaux exportés sont restés stables grâce à des expéditions en hausse vers le Japon (+ 6 %), la Corée du Sud (+ 25 %), les Philippines (+ 17 %) et les États-Unis (+ 25 %). Pour autant, les exportations se réduisent de 7 % en valeur.

Dépendance persistante au marché chinois

Par ailleurs, si les exportations européennes restent très dépendantes de la demande chinoise, elles pourraient aussi être influencées par les taxes douanières, récemment imposées sur le porc américain par Pékin et Mexico, comme mesure de rétorsion face aux taxes décrétées sur l’acier et l’aluminium par Donald Trump, les viandes européennes bénéficiant par ricochet d’un gain de compétitivité.

Or, les États-Unis ont exporté vers la Chine 166 000 t de viande porcine et 416 000 t d’abats en 2017. Mexico a quant à lui ouvert un contingent à droits de douane nuls de 350 000 t pour tous les pays agréés, dont l’Union européenne.

Quant à la Russie, qui devrait devenir autosuffisante dans un avenir proche, elle approvisionne majoritairement la Biélorussie et l’Ukraine. Ses prétentions à aller sur le marché mondial sont sérieusement freinées par la peste porcine africaine, n’en faisant pas encore un concurrent redoutable.

E.C.