Les effets du bouleversement du marché du porc l’épizootie de la peste porcine africaine (PPA) en Chine étaient palpables lors de l’assemblée générale d’Inaporc, l’interprofession porcine, ce mercredi 3 juillet 2019 à Paris.

Au lendemain de sa recommandation sur les relations commerciales entre industriels de la charcuterie-salaison et distributeurs, Francis Amand, médiateur des relations commerciales agricoles, a réaffirmé la nécessité de « mettre en place une clause de révision du prix d’achat dans les contrats de fourniture, sur la base d’indicateurs choisis par les deux parties ».

Pour autant, rien ne semble gagné. « Un tel mécanisme nous paraît impossible, car le tarif des produits ne peut être dissocié du plan d’affaires établi lors de ces négociations », souligne Gérard Cladière, président du groupe en charge de la viande à la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), et directeur national pour la boucherie chez Carrefour..

Des carcasses convoitées par la Chine

Pour Emmanuel Commault, vice-président de Culture Viande et directeur général de Cooperl Atlantique, de telles dispositions viseraient à « nier la concurrence. Dans la pratique, cela ne change rien. Lorsqu’arrive l’heure des négociations, c’est toujours difficile. »

Selon le professionnel, « la distribution pourrait dans les prochains mois asseoir sa position de force dans la filière. En effet, la demande chinoise de carcasses de porcs est croissante, pour être transformées sur place. Cela pourrait rapidement mettre en surcapacité les outils de seconde et troisième transformation, et donc nettement les affaiblir »

« Pas de chute du prix à court terme ».

Philippe Duriez, directeur général du groupe Aoste, estime qu’« au regard de la situation en Chine, il ne peut pas y avoir de prix bas du porc à court terme ».

De son côté, Paul Auffray, président de la FNP, nuance la progression des cours observée sur les derniers mois. « Pour les producteurs, le prix français reste 10 centimes inférieur aux voisins européens. À 1,52 €/kg, les éleveurs atteignent tout juste la ligne de flottaison. »

V. Gu.