Le pays a atteint un taux d’autosuffisance de 91 % en 2017, à 3 millions de tonnes (+4 % par rapport à 2016). Pour 2018, la production de porc est encore attendue en hausse : les inventaires de cheptel indiquaient un accroissement de 6 % en janvier, avec un effectif total de porcs de 23,5 millions de têtes.

Outre l’embargo sur les produits européens, Moscou a décrété en décembre dernier un embargo sur les expéditions brésiliennes faisant suite de la découverte de ractopamine dans de la viande. L’État a mis à profit la fermeture sanitaire, puis politique, de ses frontières pour développer à marche forcée son élevage, en investissant dans la construction d’élevages géants de plusieurs milliers de têtes. Protégée de la concurrence étrangère, avec des importations réduites à néant, la production intérieure a été boostée, retrouvant une certaine rentabilité. Elle bénéficie également de coûts de production faibles.

Des ambitions à l’exportation

La Russie se voit désormais en futur pays exportateur, tout d’abord vers les pays voisins, comme l’Ukraine, mais aussi vers les marchés asiatiques. Le pays construit des partenariats commerciaux avec des pays tels que le Vietnam ou Hong Kong. En 2017, ses exportations totales de viandes et abats de porcs se sont élevées à 65 000 tonnes.

Néanmoins, le pays doit faire face à la propagation de la peste porcine africaine sur son territoire, qui risque de mettre à mal ses objectifs à l’exportation. Des milliers de cas ont déjà été observés ces dernières années, malgré une probable sous-déclaration.

E.C.