« Le récent déclenchement de la peste porcine africaine (PPA) en Asie laisse planer de nombreuses incertitudes sur les futurs échanges mondiaux de viande », convient la Commission européenne dans ses perspectives 2020-2030.

La production chinoise de viande porcine devrait encore décroître de 15 % en 2020 et ne retrouver son niveau de 2018 qu’à partir de 2025. Une fenêtre dont devraient bénéficier les producteurs européens.

La PPA booste la production européenne

« Sur le court terme (d’ici à 2022, NDLR) un tiers du déficit de production chinois devrait être couvert par les importations », projette l’institution. Cela se traduirait par un doublement de la demande mondiale par rapport à 2018. Pour répondre à cette demande, la production porcine européenne devrait augmenter de 6 % entre 2018 et 2022. Le Brésil, les États-Unis, la Russie et le Mexique vont également se saisir de cette opportunité. « Les producteurs européens sont particulièrement bien placés dans cette course à l’exportation », certifie la Commission, qui prévoit un pic historique des exportations du vieux continent en 2022 (4,5 millions de tonnes).

Après 2022, la tendance devrait se tasser. La production et les exportations européennes de viande porcine sont attendues à la baisse. Les exportations devraient se stabiliser au-dessus des niveaux pré-PPA, la Commission européenne prédit toutefois la chute de la production en deçà du niveau de 2018. Le redressement du cheptel chinois combiné au durcissement des politiques européennes environnementales explique ce fléchissement anticipé.

Consommation européenne en berne


La croissance de la production porcine européenne sera également limitée par un changement durable des modes de consommation de ses citoyens. « La consommation européenne de viande devrait passer de 69,8 kg à 68,7 kg par personne d’ici à 2030 pour plusieurs raisons : vieillissement de la population et montée des préoccupations éthiques et environnementales. »

Dans le cas de la viande porcine, la consommation devrait tomber à 30,2 kg par personne en 2030, contre 32,3 kg entre 2015 et 2018. La substitution durable du porc par la volaille, moins chère et fréquemment considérée plus saine, en est l’une des principales explications.

Alexandra Courty