Après un mois de décembre 2019 moins actif que la période allant de septembre à novembre, l’activité d’abattage de porcs retrouve des couleurs en janvier 2020. Elle atteint ainsi 196 561 tonnes-équivalent carcasse (tec), soit une progression de 1,8 % par rapport à janvier 2019. « Les poids augmentent d’un kilo [à 95,2 kg] sur un mois et sont particulièrement élevés », rapporte Agreste, le service de la statistique du ministère de l’Agriculture, dans sa note de conjoncture publiée le 28 février 2020.

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A 1,74 €/kg en moyenne, le cours du porc entrée abattoirs « s’établit à un niveau très élevé, 41 centimes de plus que la moyenne de 2015 à 2019 ». Entre la mi-décembre et la fin de janvier, le cours français a néanmoins enregistré une chute de 22 centimes en six semaines, « tandis que dans les pays du nord de l’Union européenne, les références repartent à la hausse à la fin de janvier, tirées par une demande active et la croissance des cours chinois et américains générée par la pénurie porcine asiatique ».

Exportations dynamiques, consommation en berne

En 2019, les exportations françaises de viande porcine ont progressé de 10 % en volume, soit 57 400 tec supplémentaires par rapport à 2018, dont 46 400 tec vers les pays tiers. Les envois ont en effet doublé vers la Chine, atteignant 98 400 tec, hors abats. Dans le même temps, les importations se sont repliées de 5 % (–30 100 tec), « en provenance de quasi tous les partenaires européens, notamment l’Espagne (–15 900 tec) », précise Agreste.

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Sur le marché intérieur, en revanche, le constat est plus inquiétant. En 2019, « la consommation apparente de viande porcine recule de 3,1 % par rapport à 2018 et de 2,4 % par rapport à la moyenne sur cinq ans, dans un contexte de modification des habitudes alimentaires carnées des ménages ». Selon le panel Kantar, les achats des ménages se replient pour l’ensemble des viandes de boucherie, dont un recul de 5,8 % pour le porc frais, et de 1,5 % pour la charcuterie.

V. Guyot