« La machine est grippée », constate Didier Delzescaux, directeur de l’interprofession porcine (Inaporc), lors d’une conférence de presse ce mercredi 26 février 2020, au Salon international de l’agrculture (Sia) à Paris. Et pour cause : l’épidémie de coronavirus, qui sévit en Chine depuis la mi-décembre, donne un coup de frein à l’économie du pays. « Les congés du nouvel an ont été prolongés jusqu’au 10 février, entraînant un ralentissement de l’activité économique et industrielle », appuie le directeur d’Inaporc.

Les infrastructures portuaires n’échappent pas à cette paralysie. « Tous les transports sont fortement impactés, notamment la voie routière par camion, à l’intérieur de la Chine », appuie le directeur d’Inaporc. Des containers de viande congelée restent ainsi à quai dans les ports chinois, en attente d’être vidés.

3 000 dollars supplémentaires par container

Conséquence, le retour de ces containers aux exportateurs européens se fait au compte-gouttes, et les armateurs ne s’y trompent pas. « Pour chaque container à destination de la Chine, une surtarification de 3 000 dollars est actuellement appliquée, soit l’équivalent de 12 centimes par kilo de viande de porc transportée [un container contient 24 tonnes de viande porcine, NDLR], rapporte Didier Delzescaux. Cela fait grimper le coût à 27 centimes par kilo, contre 15 centimes en temps normal. »

Alors que la France avait exporté 170 000 t de viande porcine vers la Chine en 2019, « il n’est pas certain que la barre des 200 000 t soit franchie cette année, en raison de ces difficultés de transport, estime le directeur d’Inaporc. Pour autant, les besoins de la Chine restent colossaux et la demande pourrait être particulièrement importante au sortir de cette crise. »

V. Gu.