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La pression monte sur le marché du porc

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Peste porcine africaine et Covid-19 - La pression monte sur le marché du porc
Entre la peste porcine africaine et le Covid, le marché du porc est sous pression. © Cédric Faimali/GFA

Le marché européen du porc s’encombre depuis l’apparition de la peste porcine africaine en Allemagne et l’épidémie de coronavirus, entraînant une baisse généralisée des cours.

Deux virus secouent le marché du porc sur le Vieux Continent : la peste porcine africaine (PPA) et le Covid-19. La PPA est présente en Allemagne depuis le 10 septembre 2020 dans la faune sauvage. Elle prive de commerce le deuxième exportateur européen de viande porcine avec plusieurs pays d’Asie, dont la Chine.

À lire aussi : La Belgique est désormais indemne de peste porcine africaine (27/11/2020)

Des retards d’enlèvements

Cette épizootie est venue s’ajouter à la pandémie de Covid-19, qui plombe l’activité d’abattage outre-Rhin depuis le début de l’été. Selon l’Institut du porc (Ifip), le retard d’enlèvement en élevage s’établissait à plus de 575 000 porcs le 16 novembre. « Les naisseurs du nord de l’Europe sont confrontés à une forte chute de la demande allemande de porcelets », rapporte Jan-Peter Van Ferneij, économiste à l’Ifip.

« Le marché européen souffre aussi de la baisse de la consommation hors foyer après la fermeture des bars et restaurants, indique par ailleurs le Marché du porc breton (MPB) le 23 novembre. L’augmentation des achats des ménages ne suffit pas à compenser les pertes occasionnées. » Face à ce chaos, les importateurs chinois ne s’y trompent pas et utilisent tous les leviers pour faire pression sur les exportateurs européens.

L’Allemagne privée du marché chinois

« Trois abattoirs danois ont dû récemment cesser d’exporter vers la Chine en raison du risque de contamination par le coronavirus, indique Jan-Peter Van Ferneij. Cette épidémie, n’a pas permis aux autres opérateurs européens de se substituer à l’Allemagne touchée par la PPA. »

Car les besoins de l’empire du Milieu restent importants, et les importateurs chinois tiennent à préserver leurs marges. Si le prix du porc en Chine reste historiquement élevé, le kilo de porc vif s’échangeait à 3,82 € le 11 novembre, soit un recul de 17,5 % sur un an, d’après le MPB.

À l’échelle française, « le marché intérieur reste fort, et la dépendance à la Chine est moindre que celle de ses voisins européens », observe Jan-Peter Van Ferneij. Mais la situation dégradée sur le marché européen affecte la référence française. Au MPB, le prix de base du porc a perdu 11 centimes entre le 2 et le 23 novembre 2020.

Vincent Guyot

Bruxelles examine le stockage privé

« La Commission examine si le stockage privé de porc pouvait être un outil pour soutenir le marché », puisque « les débouchés de viande de porc se sont détériorés ces dernières semaines », indique l’Ifip le 18 novembre. Plusieurs pays seraient en faveur de « l’introduction du système de stockage privé », notamment la France, l’Autriche, la Belgique, la Croatie, la République tchèque, la Hongrie, l’Estonie, la Lituanie et la Roumanie.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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