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La hausse des cours du porc se fait attendre

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Exportations - La hausse des cours du porc se fait attendre
Les estimations du prix payé aux producteurs de porcs en Europe.

Malgré une demande soutenue vers les pays tiers, le marché européen résorbe lentement ses retards d’abattages.

Après une année 2020 ayant « mis à mal toutes les prévisions et les espérances », le mois de janvier 2021 s’est soldé par une « grande stabilité » des cours sur les principales places de cotations européennes, « présente depuis déjà sept à dix semaines selon les pays », rapporte le Marché du porc breton (MPB). « Le marché communautaire est sous pression, dans un contexte de demande intérieure plutôt calme », analyse Jan Peter Van Ferneij, économiste à l’Institut du porc (Ifip).

Les pays nordiques souffrent en particulier du contexte difficile en Allemagne, où les reports d’abattages en raison du Covid-19 « sont énormes et seront longs à disparaître », souligne le MPB. Le pays, privé d’exportations vers la Chine, la Corée du Sud et le Japon en raison de la peste porcine africaine (PPA) présente sur son territoire, baisse les prix pour écouler ses volumes. De quoi « exacerber la concurrence avec les autres pays euro­péens ». D’après l’Ifip, les exportations de l’Allemagne au sein de l’Union européenne ont notamment bondi de 71 % entre août et septembre, après la découverte de la PPA sur des sangliers.

Le commerce de porcs français reste soutenu vers la Chine.

Des prix proches de 2019

En conséquence, les références européennes affichent un net recul par rapport à janvier 2020, notamment en Allemagne (-35,2 %), en Espagne (-22,5 %) et au Danemark (-30,5 %). « Les niveaux de prix sont plus proches et légèrement supérieurs aux références de janvier 2019, en dehors du prix allemand, inférieur de 12,5 % », note le MPB.

En France, au cadran de Plérin, le cours du porc est resté inchangé en janvier, à 1,201 €/kg, contre 1,523 €/kg en moyenne en janvier 2020. Toutefois, « la forte demande chinoise permet de limiter l’érosion des cours », estime l’Agreste, le service de la statistique du ministère de l’Agriculture. Car en parallèle d’un marché européen poussif, le commerce vers l’empire du Milieu ne se dément pas. Selon le MPB, les importations chinoises de viande porcine fraîche et congelée ont progressé de 115,8 % sur un an en 2020.

En 2020, les importations chinoises de viande porcine fraîche et congelée ont bondi de 115,8 % sur un an. © Cédric Faimali/GFA

Hégémonie espagnole

L’Espagne figure au premier rang des fournisseurs avec 933 940 tonnes, contre 381 630 tonnes en 2019, loin devant les États-Unis et le Brésil. L’Allemagne est reléguée à la quatrième place, pénalisée par l’embargo sanitaire qui lui est imposé.

Le débouché chinois sourit également au porc français (voir les infographiques), dont les exportations de viandes fraîches et congelées ont progressé en 2020 de 55,3 % et de 17,3 % du côté des coproduits. Les achats de l’empire du Milieu devraient ralentir à l’approche du Nouvel An chinois, le 12 février prochain. En revanche, « la demande devrait à nouveau s’affirmer à la fin du mois, indique Jan Peter Van Ferneij. Couplé à une baisse structurelle de l’offre européenne, cela pourrait conduire à une remontée des cours. »

Vincent Guyot
Les envois français

Malgré le recul du cheptel porcin français en 2020 et compte tenu des gains de productivité, « il semble néanmoins possible d’envisager une faible croissance de la production en 2021 », avance FranceAgriMer, dans son bilan annuel publié le 1er février. Pour autant, l’organisme estime que « même dans des conditions favorables », les quantités exportées tendent à « plafonner […], des substitutions s’opérant simplement entre pays destinataires ». FranceAgriMer explique cette situation par des « capacités d’exportation limitées ». Par ailleurs, la consommation nationale est « vue comme le débouché naturel de la production française et l’exportation n’est souvent envisagée que pour le dégagement des surplus ».

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Cet article est paru dans La France Agricole

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