La coopérative a mis en place ce prix maison « depuis 2015 et la “crise des 1,40 €” avec un prix dicté par le ministère de l’Agriculture, alors que le prix allemand était lui-même à 1,15 € », rappelle Patrice Drillet, le président de la Cooperl. La décision avait été largement décriée par les autres acteurs de la filière.

Alors que de nouveau, ce prix maison décroche par rapport à la cotation de Plérin, la FRSEA regrette que « la première entreprise porcine française, de plus une coopérative, avec une influence indéniable sur le prix du marché national, n’ait jamais porté le prix vers le haut ». Et aujourd’hui, « ce prix inférieur de 4 centimes à celui du MPB fait subir aux adhérents un décalage de 10 centimes avec l’Allemagne et de 20 centimes avec l’Espagne ! »

Pour la FRSEA, « Cooperl se met en dehors du collectif »

Le syndicat juge que « ce niveau de prix [est] en totale déconnexion avec le marché européen », et qu’ainsi, « Cooperl torpille à distance le marché au cadran en orientant le prix français à la baisse à une période de l’année où les cours sont habituellement haussiers, estiment les sections de la Bretagne et des Pays de la Loire. Il est insupportable que ce soit une coopérative qui prive l’ensemble des éleveurs de porcs français des hausses de prix estivales. Encore une fois, Cooperl se met en dehors du collectif et cela au pire moment !! »

« Nous n’avons rien contre la Cooperl, insiste François Valy, responsable porc à la FRSEA Bretagne. Mais la période actuelle est porteuse. Se déconnecter des prix aujourd’hui, c’est donner un signal fort – et dans le mauvais sens – aux autres acheteurs, avec le risque d’entraîner le prix MPB à la baisse à la prochaine cotation. C’est ce choix, dans ce contexte, que nous dénonçons. »

« Nous élaborons un prix en fonction des marchés »

« Nous élaborons un prix en fonction des marchés, répond Patrice Drillet. C’est un prix purement économique, pas un prix politique, décidé dans le cadre de la gestion de l’entreprise. »

E.C.