Les syndicalistes déplorent que « le prix du porc français se déconnecte des autres marchés européens, pour atteindre un décalage jamais enregistré au début de l’été (moins 16 centimes par rapport à l’Espagne et moins 6 centimes par rapport à l’Allemagne) ». Au passage, ils envoient une nouvelle pique à la Cooperl, qui « a décidé, au début de juillet, de mettre la barre un peu plus basse ; moins 4 centimes par rapport au cadran ».

Une perte de valeur par rapport à nos concurrents étrangers

« Nous laissons chacun faire ses calculs sur la perte de valeur que cela représente par rapport à nos concurrents étrangers », poursuivent Mickaël Guilloux et Carole Joliff, respectivement président de la section porcine de la FRSEA des Pays de la Loire et présidente de la section porcine de la FDSEA des Côtes-d’Armor. Ironiquement, ils rappellent que « nous avons changé d’époque ». La compétition ne se déroule plus « sur notre territoire : il ne s’agit plus de prendre la place de son voisin mais de nos concurrents ».

Pourtant, depuis plusieurs mois, « un travail de l’ombre est effectué au niveau de l’interprofession afin de redonner du sens au Porc français et de rééquilibrer le partage de la valeur ». Ce travail a été mené collectivement, avec tous les « acteurs autour de la table » [dont la FICT, la Fédération des industriels charcutiers traiteurs, qui vient de réintégrer l’Inaporc, NDLR].

Arrêter de brader le « Porc français »

« Le Porc français est de qualité il n’y a aucune raison pour qu’il soit bradé de la sorte, il faut juste arrêter de le donner. Ce ne sont pas quelques centimes distribués à droite ou à gauche qui vont combler le fossé qui nous sépare des autres bassins de production », poursuivent les deux syndicalistes.

Pour eux, « il existe un avenir pour les éleveurs, et toute la filière […] qui ne pourra reposer que sur le collectif pour que la filière retrouve ambition et perspectives ».

E.C.