L’exploitation de Luché-Thouarsais, dans les Deux-Sèvres, s’étend sur 225 hectares et abrite un troupeau allaitant et des volailles de chair. Elle fait vivre trois frères, Denis, Sylvain et Sébastien Dallet, et leur mère, Monique. C’est là que la FDSEA 79 a réuni sa section bovine le 26 août, en présence de Bruno Dufayet, président de la Fédération nationale bovine (FNB) à, et de deux des trois sénateurs du département.

De l’eau pour gagner en autonomie

Avec l’installation de Sylvain en 2018, l’exploitation s’est dotée d’une retenue collinaire qui stocke l’eau drainée dans les parcelles. « Elle nous a permis de sécuriser le système et d’apporter de l’autonomie alimentaire », souligne Sylvain. Seulement une vingtaine d’hectares sont irrigués, mais grâce à l’introduction de luzerne et de trèfle, les associés ont réduit la surface de maïs et les achats de correcteur azoté.

Denis Mousseau, président de la FDSEA, a rappelé la nécessité des réserves d’irrigation dans un département qui connaît une farouche opposition à leur création. Il en a souligné les vertus, la possibilité qu’elles donnent de produire d’autres fourrages et de rendre les exploitations plus autonomes, avec des retombées positives sur l’environnement.

Les revenus en question

L’argument a été repris par Bruno Dufayet alors qu’il évoquait le besoin des producteurs bovins, notamment des jeunes, de pouvoir se projeter et de garantir tant leurs fourrages que leurs revenus.

Sur ce point, il a dit la déception qu’avait été la première loi Egalim : « Ses ambitions avaient été saluées par tous, quelles que soient les productions. Mais nous ne pouvons que constater qu’on est loin du compte. »

Pour la nouvelle proposition de loi Egalim, il insiste sur son objectif de mieux rémunérer les producteurs, et sur les moyens qui passent, notamment, par la contractualisation. En s’adressant directement aux sénateurs, il a préconisé cette approche dans leur examen du projet : « Le premier texte n’était pas assez contraignant. Vous devez vous demander cette fois : “Est-ce que cette loi répond bien à la problématique de la rémunération des agriculteurs ?” »

Myriam Guillemaud