Des exploitants à bout… tel est le tableau dépeint par la FNSEA, Jeunes Agriculteurs, la FNO et les chambres d’agricultures dans une lettre ouverte adressée au Premier ministre Édouard Philippe et diffusée le 20 novembre 2017 à la presse. « Les éleveurs de ces zones vivent un enfer et sont dans une profonde détresse. Ils sont continuellement tenaillés par la crainte d’une attaque des loups sur leur troupeau. Ils n’en peuvent plus de voir leurs brebis égorgées, agonisantes », écrivent-ils.

Les chiffres s’envolent

Dans ce contexte, la proposition de plan loup 2018-2023 qui affiche un objectif de 500 loups dans cinq ans est ressentie comme une provocation. « Les paysages se ferment et la biodiversité régresse, ajoutent les syndicats, signalant l’explosion des coûts de la prédation qui ont bondi de 1,8 million d’euros en 2004, à 26,5 millions d’euros en 2016. Ils mentionnent également l’étude récente de l’Inra qui, à la demande du préfet de l’Aveyron, a chiffré le coût moyen de la protection à 35 millions d’euros pour le département.

« Des ministères autistes aux demandes du monde agricole »

Les syndicats regrettent que les ministères de la Transition écologique et de l’Agriculture « s’arc-boutent, à chaque réunion de concertation, sur un plafond annuel de prélèvement, sur des tirs de prélèvement et de défense renforcée plus restrictifs par rapport au plan en vigueur aujourd’hui, sur une conditionnalité des indemnisations aux mesures de protection dont une part importante est à la charge des éleveurs ainsi que sur une gestion territorialisée du loup. Cet autisme des ministères aux demandes du monde agricole est inacceptable. »

Selon la FNSEA, les textes européens peuvent offrir une base pour parvenir à « zéro attaque sur les troupeaux. Dans la déclinaison de la convention de Berne, il est clairement prévu que dans les régions à vocation essentiellement agricole, il n’est pas souhaitable de maintenir des loups ou de chercher à les réintroduire », indiquent-ils.

La Coordination rurale s’appuie aussi sur une résolution du Parlement européen du 15 novembre 2017 et se réjouit que « l’instance européenne ouvre enfin une porte pour la réévaluation de la protection du loup, et préconise ainsi une modification de la directive habitats qui a largement joué son rôle de conservation des espèces protégées à tel point qu’aujourd’hui certaines d’entre elles sont devenues des menaces pour d’autres espèces et les animaux d’élevage en particulier. »