« Orienter les soutiens vers celles et ceux qui feront l’élevage de demain ! » Dans un communiqué de presse conjoint, ce 4 novembre 2020, six organisations (1) ainsi que la Confédération paysanne dénoncent l’insuffisance des mesures envisagées par le plan de relance du gouvernement pour la survie des abattoirs en France.

« Une nouvelle occasion manquée » pour les abattoirs

Le 3 septembre 2020, le gouvernement annonçait un plan de relance à hauteur de 100 milliards d’euros : 1,2 milliard d’euros spécifiquement affectés aux secteurs agricole et agroalimentaire dont 130 millions d’euros ciblent un plan de modernisation des abattoirs.

Un « effort financier » jugé « insuffisant face aux enjeux à relever » et qui ne répond pas « aux nombreuses exigences » de la filière, jugent les signataires du communiqué. Plus encore, « c’est une nouvelle occasion manquée de faire évoluer le secteur de l’abattage ». Car, écrivent-ils, « sans orientation supplémentaire des fonds vers la protection animale, les filières locales et l’amélioration des conditions de travail des salariés, ce plan de modernisation ne sera qu’une opportunité offerte à ceux qui dominent la filière pour faire financer leurs investissements de routine par l’État et renforcer encore leur compétitivité au détriment des abattoirs de proximité. »

Une ligne politique jugée « floue »

Le 24 septembre 2020 dernier déjà, la Confédération paysanne s’inquiétait des annonces de Julien Denormandie qu’elle qualifiait de « floues » et « insuffisantes face à l’enjeu primordial de l’abattage de proximité ». Aujourd’hui, les signataires regrettent encore « l’absence de ligne politique claire donnée à ce énième plan de modernisation des abattoirs. » Raison pour laquelle ils proposent :

  • Que seuls soient éligibles à ce financement les investissements destinés à la protection animale, au renforcement du maillage des abattoirs de proximité et à l’amélioration des conditions de travail ;
  • Que la création d’abattoirs fixes de proximité soit aussi accompagnée par ce plan de modernisation, afin de relocaliser les outils d’abattage dans les zones où ils font défaut.

Avant de conclure : « Il est plus que temps d’orienter les soutiens vers celles et ceux qui feront l’élevage de demain ! »

À lire aussi : Reconfinement, l’agriculture face au second round (04/11/2020)

Oriane Dieulot

(1) Afaad, CIWF, Fnab, Fnaf-CGT, OABA, Welfarm.