Une centaine de personnes étaient présentes au rendez-vous annuel de l’association. Parmi elles, des parlementaires des deux départements et/ou leurs assistants. La table-ronde a réuni des représentants du Cercle 12, du Cercle 48, de la Confédération paysanne, de la FDSEA, de la FDO (fédération départementale ovine) et la Coordination rurale.

Ils demandent de la transparence sur les chiffres concernant le prédateur et sur leur hybridation. Ils estiment que « la France compte déjà bien plus de 500 loups […]. » Sur le terrain, les observations de loups sont de plus en plus nombreuses. Des meutes entières sont même parfois signalées, comme par cet habitant de Bouvante, dans la Drôme.

Au sujet des mesures de protection, la conditionnalité des indemnisations à la mise en œuvre des moyens de protection a été dénoncée. D’autant que l’efficacité des chiens et autre parc de nuit, semble relative. « Dans la Drôme, 70 % des attaques ont lieu sur des troupeaux protégés », souligne Annette Jouvent, de l’association Éleveurs et bergers Drôme-Isère. Seul le nombre de victimes pourrait être limité.

Généraliser la brigade loup

Les participants à la table-ronde déplorent aussi le fait que les bergers doivent porter des armes pour défendre les troupeaux. « Cela demande des compétences spécifiques que les bergers ne peuvent pas acquérir en seulement deux jours de formation, souligne Annette Jouvent. Cela peut être très dangereux. La brigade loup est beaucoup plus compétente pour la régulation des populations de loups. Elle devait être généralisée à l’ensemble des massifs. »

Les juristes membres de l’association ont aussi souligné « la distorsion injustifiée entre une surprotection des loups et l’affaiblissement corrélatif de la protection du pastoralisme dont la valeur environnementale et la contribution à un développement durable ont pourtant été reconnues par des lois successives depuis 1972. » Le problème des chiens de protection a aussi été soulevé.

« Un véritable problème de sécurité publique est induit aujourd’hui par la présence de plus en plus fréquente de loups à proximité immédiate des habitations, a indiqué l’un des membres. Il est consternant qu’aucune stratégie de prise en compte du bien-être animal n’ait été conçue à l’occasion des situations d’attaques, ni d’analyse de l’impact des mesures de protection, alors même « qu’une stratégie de la France pour le bien-être des animaux » a été annoncée par le ministère de l’Agriculture pour la période de 2016 à 2020 et qu’un Centre national de référence sur le bien-être animal, piloté par l’Inra, a été créé en application de l’article L. 214-5 du code rural. »

M.-F. M.