« Malgré l’ensemble des moyens déployés par les négociants en bestiaux, le nombre d’animaux testés positifs ne cesse d’augmenter, 15 % d’animaux à date, et les charges qui incombent aux négociants également, constate la FFCB dans un communiqué du 25 octobre 2018. Alors que notre rôle de commerçants est de valoriser et de mettre sur les marché les animaux, il n’est pas concevable que nous devions mettre en conformité les bovins pour les rendre commercialisables vers l’Espagne. » Dans ce contexte, la FFCB lance un appel « à ne pas collecter les veaux » à compter du lundi 29 octobre 2018.

Vaccination généralisée et tests en élevage

Selon la fédération, le protocole de test par PCR utilisé depuis la réapparition de la FCO sur le territoire national en 2015, ne permet pas une gestion efficace des veaux lorsque les cas positifs se multiplient. Elle réclame donc :

  • « La mise en place d’une vaccination généralisée progressivement à l’ensemble du cheptel français » qui favorisera les échanges avec l’Espagne et donnera accès à d’autres marchés ;
  • Si les cheptels ne sont pas vaccinés, « la réalisation des tests PCR chez les éleveurs avant la sortie des animaux, en contrepartie d’une revalorisation du prix d’achat du veau de 10 € ». Cette revalorisation du prix de base sera effective quel que soit le résultat du test. Ce résultat impactera en revanche le prix de base du veau, plus faible en cas de PCR positive.

La FFCB rappelle également « qu’il est obligatoire et indispensable que l’attestation de désinsectisation des petits veaux soit signée par l’éleveur et récupérée ensuite par le négociant, dûment complétée. »

L’État et les GDS mis en cause

Dans un communiqué du 26 octobre 2018, la Coordination rurale (CR) dit comprendre le mouvement de grève des commerçants en bestiaux, mais estime que « les éleveurs ne doivent cependant pas subir les conséquences de cet arrêt provisoire du ramassage des animaux » et demande « à l’État et aux GDS d’assumer leurs responsabilités ».

Le syndicat regrette « le désengagement de l’État français dans le financement des tests de détection de la FCO utilisés pour exporter des animaux vers l’Espagne ainsi que son désengagement vis-à-vis de la vaccination », là où « d’autres pays comme l’Espagne apportent un important soutien à leur filière qui se trouve ainsi avantagée. »

« Les GDS ont également, dans leur ensemble, failli à leur mission de défense sanitaire des éleveurs puisqu’ils se sont révélés incapables de prendre en charge une partie des frais liés à la FCO malgré l’importance des cotisations versées », accuse également la Coordination rurale.

Être transparent sur les prix

Le syndicat n’est pas favorable à la vaccination obligatoire. Il considère en revanche « qu’il y aurait moins de problèmes avec les tests de détection si les commerçants faisaient apparaître sur les bons de vente le prix de l’animal et le prix de la garantie “indemne” qu’il est possible d’estimer à une dizaine d’euros sur la base des coûts de vaccination ».

V.S.
Votre analyse du marché - Veaux

La filière du veau de boucherie reste malmenée

L’activité commerciale reste compliquée à gérer au sein de la filière du veau de boucherie. Les professionnels attendent avec impatience la campagne de communication prévue pour la Pentecôte, en espérant que les conditions climatiques soient favorables. La production devrait profiter de la réouverture des restaurants à partir du 19 mai 2021, même si les volumes seront très contenus dans un premier temps en raison d’un service qui se fera seulement en terrasse.