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Entre opportunités et menaces

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La clôture française est composée d’un grillage renforcé de 1,50 mètre de hauteur et enfoui à 50 cm. © Xavier Remongin/Ministère de l’Agriculture

Le virus décime le cheptel chinois et sévit en Europe de l’Est. Le danger nese situe qu’à quelques kilomètres des frontières françaises et allemandes.

« La peste porcine africaine (PPA) parcourt entre trois et quatre kilomètres par mois. L’objectif est de devancer la propagation du virus si jamais il s’introduisait sur le territoire français », alertait Loïc Gouello, directeur de crise de la peste porcine africaine (PPA), le 18 janvier dernier. L’heure est à la mobilisation : un sanglier infecté a été retrouvé quelques jours plus tôt en Belgique, à moins d’un kilomètre de la frontière française.

Dans la foulée, une « zone blanche de dépeuplement » a été mise en place côté français, au sein de laquelle « tous les sangliers devront être abattus ». L’armée de terre a été dépêchée en appui logistique et humain auprès de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), à l’Office national de la forêt (ONF) et aux fédérations de chasse locales. L’enjeu est de taille : la moindre apparition du virus sur le territoire français mettrait fin aux exportations de viandes porcines vers les pays tiers, provoquant l’engorgement des marchés français et européens et un effondrement des prix.

Trésoreries en rémission

Afin de prévenir l’intrusion de sangliers infectés, la mise en place des clôtures le long de la frontière avec la Belgique ne s’est pas faite sans heurts. Des actes de vandalisme ont été perpétrés en Meurthe-et-Moselle en avril, puis en août. à la fin de l’été, le ministère de l’Agriculture a annoncé la construction d’une portion supplémentaire de 20 km dans les Ardennes, venant s’ajouter aux 112 km initialement prévus, « pour faire la jonction avec la dernière portion de clôture belge ». La France reste pour l’heure indemne du virus, tout comme l’Allemagne, malgré un net rapprochement du danger par la Pologne.

En parallèle, le prix du porc s’est envolé en France et en Europe depuis mars (lire p. 79), tiré par l’insondable demande chinoise. Pour autant, les industriels de la charcuterie-salaison déchantent, pris en étau entre l’augmentation du prix des pièces achetées aux abatteurs et leur difficile répercussion auprès des distributeurs. Les négociations avec ces derniers se sont soldées en février, avant la flambée des prix. Saisi par l’interprofession, le médiateur des relations commerciales a proposé d’introduire « une clause de révision du prix d’achat » dans les contrats de fourniture de produits à marques propres, ainsi que dans les contrats à marques de distributeurs.

Du côté de l’amont, l’embellie des cours permet de reconstituer progressivement des trésoreries longtemps mises à mal. « Pour la première fois depuis très longtemps, les éleveurs de porcs conventionnels vont gagner leur vie pendant quelques années », estime Guillaume Roué, président de l’Inaporc.

Vincent Guyot

Pékin lâche du lestpour se fournir en viandes

Pour tenter de compenser son déficit de viande porcine, la Chine importe tous azimuts. Dès le printemps, « les autorités ont agréé des abattoirs à tour de bras à travers le monde », observe Jan-Peter Van Verneij, économiste à l’Institut du porc (Ifip). Bien que la viande porcine soit la plus demandée par l’empire du Milieu, « les volailles représentent près de 30 % de la consommation de viande du pays », rappelle Carole Ly, responsable des affaires européennes et internationales chez FranceAgriMer. Si les flux se renforcent en provenance du Brésil, des ouvertures se sont dessinées pour les viandes françaises. Le 25 mars 2019, l’embargo lié à la grippe aviaire imposé depuis 2015 a été levé, moins d’un an après la réouverture des frontières chinoises à la viande bovine. À l’issue de la visite d’Emmanuel Macron en novembre dernier, le commerce des viandes de volailles a été élargi aux espèces autres que le poulet, y compris le foie gras.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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