« Le cheptel chinois et de porcs charcutiers et de truies a atteint son plus bas niveau depuis les années 2000 », rapporte Didier Delzescaux, directeur de l’interprofession porcine, lors de l’assemblée générale du Marché du porc breton (MPB) le 27 juin 2019 à Plérin dans les Côtes-d’Armor.

Si l’état précis des effectifs reste difficile à établir, les achats chinois de viande porcine, voire de carcasses entières, bondissent depuis le début de l’année. « En mars, 127 000 tonnes ont été importées, soit une progression de 57 % par rapport à 2018, avance Fanye Meng. En mai, ces achats atteignaient 187 500 t, soit une hausse de 63 % sur un an. »

« Effet de spéculation »

Pour le directeur d’Inaporc, « au-delà de l’effet de décapitalisation lié aux ravages de la maladie, il y a également un effet de spéculation de la part de certains opérateurs, qui ont anticipé leurs achats dans l’espoir de revendre plus cher. Mais une chose est sûre : le déficit de viande s’accroît au fil des mois, et le creux n’est pas encore atteint. »

En conséquence, le prix du porc atteint des sommets dans l’empire du Milieu. « Il s’établit désormais à 2,50 €/kg vif, soit le niveau le plus haut depuis 2016, précise Fanye Meng. Le porc reste la principale viande consommée en Chine, et il sera difficile de changer les habitudes ». Pour autant, de lourdes incertitudes persistent quant à la capacité des élevages de reprendre la production. « Dans les ateliers touchés, le taux de réussite du repeuplement après quarantaine n’est que de 10 à 15 %. »

En France, le risque perdure

Si l’Hexagone reste pour l’heure épargné par le virus, la situation en Belgique reste préoccupante. « À ce stade, 809 sangliers ont été déclarés positifs depuis le premier cas en septembre 2018 », souligne Didier Delzescaux. Outre-Quiévrain, la propagation de la maladie se poursuit. « Le virus se déplace plutôt vers le nord, et pourrait bientôt faire face au massif des Ardennes en France, où la population de sangliers est très importante. L’épée de Damoclès reste au-dessus de la France. »

V. Gu.