En application de l’arrêté du 16 octobre 2018, le ministère de l’Agriculture détaille dans une instruction technique publiée le 21 janvier 2019 les modalités de mise en œuvre des mesures de biosécurité exigées des détenteurs de suidés (porcs domestiques et sangliers) par arrêté.

Plan de biosécurité

L’arrêté impose à tout détenteur de mettre en place un plan de biosécurité sur l’ensemble de l’exploitation concernée par les suidés. Ce plan est défini préalablement sur la base d’une analyse de risque réalisée selon une méthode et un format libres.

« Cette étape est importante car elle permet de distinguer et de hiérarchiser les risques liés notamment à l’introduction d’agents pathogènes selon le contexte (implantation, voisinage…), la production (étage de production, plein air…) et son organisation interne (variétés et importance des flux entrants et sortant des personnels, des animaux…).», précise le ministère.

Trois zones distinctes

Afin d’établir un plan de circulation à l’intérieur et autour du site d’exploitation, trois zones sont à définir par l’éleveur : deux à l’intérieur du site (zones d’élevage et professionnelle) et une à l’extérieur du site (zone publique). Elles sont définies comme suit :

  • La zone d’élevage est la zone où sont détenus les suidés. Elle comprend les bâtiments, les parcs, enclos, parcours et la zone ou local de quarantaine. Les quais d’embarquement ne sont pas considérés comme partie de la zone d’élevage mais sont situés en limite de cette zone et dans la zone professionnelle. Cette zone est physiquement délimitée afin d’en restreindre l’accès et permettre d’éviter tout contact direct entre les suidés domestiques détenus et les suidés sauvages, soit par les murs et accès des bâtiments, soit par des murets, des clôtures et/ou grillages en cas de parcs, enclos ou parcours en plein air.
  • La zone professionnelle cette zone est située à l’extérieur de la zone d’élevage. Son objectif est d’isoler autant que faire se peut la zone d’élevage et de limiter la circulation de véhicules et de personnes n’ayant aucune utilité dans le fonctionnement de l’exploitation auprès de la zone d’élevage. Ses contours sont précisés dans le plan de biosécurité et seuls ses accès sont physiquement délimités (barrières, chaînes…). Il n’est pas obligatoire de clôturer le pourtour extérieur de la zone professionnelle, cela relève du choix de l’exploitant par rapport à son analyse de risque.
  • La zone publique doit permettre l’accueil de visiteurs (vétérinaires, techniciens, commerciaux…) et le stationnement des véhicules non indispensables au fonctionnement de l’élevage afin de limiter la circulation auprès de la zone d’élevage. Si la configuration du site ne le permet pas et si c’est nécessaire, cette zone de stationnement peut être disposée dans la zone professionnelle, mais elle doit être la plus éloignée possible de la zone d’élevage.

Sas sanitaire

L’accès à la zone d’élevage affectée aux suidés est protégé par un sas sanitaire. L’objectif est que toute personne autorisée à accéder à cette zone revête, après un lavage des mains, une tenue complète réservée à l’utilisation dans cette zone. « Il est à noter qu’au-delà du type de sas utilisé, ce sont bien plus les modalités d’utilisation qui comptent, en particulier la marche en avant stricte dans le sas », souligne le ministère.

L’implantation du sas sanitaire est située à l’interface de la zone professionnelle et de la zone d’élevage. Après passage dans le sas, les intervenants ne doivent circuler qu’en zone d’élevage, puis ressortir par ce même sas.

V. Guyot