« La situation varie considérablement d’un État membre à l’autre en raison de multiples paramètres, notamment la structure des différentes productions porcines nationales, les conditions géographiques ou encore les caractéristiques des populations de sangliers », explique l’Efsa dans son communiqué. Dans son analyse, le rapport pointe notamment du doigt les élevages non industriels de petites tailles qui « présentent des défis particuliers s’agissant des programmes d’éradication de la peste porcine africaine (PPA). En effet, il est difficile d’identifier les exploitations concernées ou de contrôler les mouvements des animaux et des personnes, et les mesures de biosécurité y sont souvent plus faibles. »

La PPA cartographiée au sein de l’Union européenne

Depuis son introduction dans l’union en 2014, la PPA s’est progressivement répandue en Europe de l’Est, avec un pic atteint en Roumanie en 2018, avant de prendre la direction de l’Europe occidentale, où un sanglier a été signalé positif pour la première fois en Belgique. « La PPA est présente dans chacun des pays tiers à la frontière orientale de l’Union européenne, à l’exception de la Turquie », où de nouvelles introductions sont à craindre.

De novembre 2018 à octobre 2019, « la présence de la PPA a également été confirmée en Slovaquie et en Serbie, s’ajoutant à la liste des pays touchés dans l’UE, tandis que la République tchèque a été reconnue officiellement indemne de PPA en mars 2019 », poursuit l’Efsa.

Cela dit, « toutes les zones touchées par la PPA sont essentiellement contiguës, à l’exception d’introductions isolées en République tchèque (désormais résolues), dans l’ouest de la Pologne et en Belgique », mesure le rapport.

Identifier les facteurs de risque

Dans le but de renforcer les mesures de biosécurité et les autres mesures d’atténuation des risques, l’Efsa avait également pour mission :

  • d’identifier les facteurs de risque d’apparition de la PPA dans les populations de sangliers [un modèle a notamment été adapté en Estonie groupant les données de 2014 à 2019] ;
  • d’identifier les facteurs particuliers qui contribuent à la propagation de la maladie au sein des exploitations non commerciales [une étude témoin a été portée à ce sujet en Roumanie au cours de l’été 2019]. Or, « le seul facteur de risque significatif de la prévalence de la PPA dans les exploitations commerciales était la distance par rapport aux foyers de porcs domestiques » ;
  • de réviser les mesures de lutte appliquées par les différents États membres affectés pour contrôler la propagation de la PPA chez le sanglier.

À la suite de cette évaluation, l’Efsa indique « que les conclusions et recommandations parues dans le précédent rapport en 2018 restent valables ».

Les recommandations par l’Efsa

Dans la dernière partie de son rapport, l’Efsa redétaille l’ensemble des recommandations applicables en mesures préventives :

  • aux zones non touchées, éloignées de toute présence de PPA mais qui restent vulnérables à un risque d’introduction du virus par l’homme ;
  • aux zones non touchées, mais à proximité de celles qui le sont, présentant donc un risque élevé d’introduction du virus.

Ainsi, « la surveillance passive est l’outil le plus important pour la détection précoce de l’épidémie actuelle de PPA, tant pour les porcs domestiques que pour les sangliers, rappelle l’Efsa. Des niveaux élevés de biosécurité doivent être maintenus pour empêcher l’introduction du virus dans les zones encore indemnes. »

Les mesures correctives s’appliquent :

  • aux zones étant en présence de la PPA à la suite d’une introduction isolée mais basées loin des zones touchées (exemple : Belgique, République tchèque) ;
  • aux zones auparavant indemnes ayant subi une expansion géographique du virus depuis les zones affectées connues ;
  • aux zones où la PPA est présente dans la population de sangliers depuis plus d’un an.

Dans le dernier cas le plus critique, « la chasse au sanglier doit être continue et intensive pour maintenir une faible densité de population, pour ralentir la vitesse de propagation de l’infection et pour surveiller les progrès via la surveillance active », expose l’Efsa.

Lucie Pouchard