Le lundi 14 juin 2021, la Fédération nationale bovine (FNB) avait « appelé les éleveurs, dans la mesure de leur capacité, à retenir en ferme, au maximum, leurs animaux ». L’association spécialisée de la FNSEA avait dénoncé l’absence de « signaux positifs » sur les prix payés aux producteurs de viande bovine alors que « les indicateurs de marché se révèlent être au beau fixe depuis le début de l’année 2021 dans ce secteur ».

Ne constatant aucune amélioration, la section régionale de la viande bovine de la FRSEA Pays de la Loire entend employer la méthode forte et « démarrer la semaine prochaine par des blocages d’abattoirs », indique l’organisation dans un communiqué diffusé le 24 juin 2021. « Nous verrons si d’autres régions veulent nous emboîter le pas », rapporte Cédric Mandin, évoquant à La France Agricole une nouvelle réunion de la FNB la semaine prochaine.

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Des embellies sur le marché non répercutées en amont

La section régionale de la FRSEA pointe une « situation incompréhensible et insoutenable » avec « des prix totalement déconnectés de la réalité du marché » : consommation en viande bovine française en hausse au premier trimestre, abattages dynamiques et exportations en vif en progression de 6 % vers l’Italie et de 10 % vers l’Espagne au 31 mai 2021 par rapport à l’an passé… « Tous les indicateurs vont dans le même sens, et révèlent un contexte des plus favorables ! », soutenaient les représentants de la FNB, réunis la semaine dernière.

Et cette embellie ne se cantonne pas qu’à la France : « Les cotations de la vache O ont connu une forte augmentation de leurs niveaux tarifaires depuis mars 2021 chez nos voisins européens (+0,60 € pour l’Irlande ; +0,80 €/kg pour l’Allemagne, +0,40 €/kg pour la Pologne), souligne la note d’information de la FNB rédigée le 14 juin 2021. Dans ces pays, on constate que les cotations ont retrouvé des niveaux tarifaires semblables à ceux d’avant crise Covid-19. »

Flambée des coûts des matières premières

« Pourtant, les prix payés aux éleveurs ne suivent pas et restent bien en deçà des coûts de production », souffle la section régionale des Pays de la Loire. Avec la flambée du coût des matières premières, « la cotation de la vache type viande R= est à 4 €/kg quand le coût de production s’élève à 4,93 €. Pour le jeune bovin U–, la cotation est à 3,80 €/kg pour un coût de production à 4,77 € », analyse le syndicat.

Dans les perspectives à venir, Cédric Mandin espère que la proposition de loi « Egalim 2 » visant à mieux protéger la rémunération des agriculteurs, et adoptée à l’unanimité en première lecture hier par les députés, contribuera à des remontées tarifaires dans les cours des fermes.

Lucie Pouchard