« J’ai retrouvé des vautours fauves en train de manger un veau de trois mois, alors que celui-ci était en pleine forme quelques heures plus tôt », se désole Régis Chardaire, à la tête de 140 vaches aubracs à Curières, dans l’Aveyron.

Les vautours consomment un veau à terre. © B. Vaissade

Le troupeau était présent sur l’estive de Costes depuis seulement le 26 mai 2020, soit depuis 4 jours lorsque l’événement s’est produit. Lors de sa visite quotidienne du troupeau, Régis Chardaire s’étonnait de la présence des oiseaux en grand nombre sur les monts de l’Aubrac alors que personne n’en avait jamais observé à cet endroit. Plusieurs témoignages affirment en avoir compté plus d’une centaine.

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Les bovins cassent les clôtures

Depuis le constat de ce veau mort, Régis a détaillé le comportement des vautours : « Ils affolent les bovins qui finissent par casser la clôture. Et, lorsqu’un veau tombe à terre, les oiseaux se jettent sur lui. Quand nous sommes arrivés, les charognards avaient dévoré les yeux, le ventre et une partie du mufle du jeune bovin. »

« Nous avons appelé les gendarmes pour qu’ils réalisent un constat, poursuit Régis Chardaire. Ils ont alors alerté, à leur tour, immédiatement les agents de l’Office français de la biodiversité (OFB). » Pour ces derniers, l’oiseau est protégé. Il est exclusivement nécrophage, et aucune indemnisation ne sera possible.

Les vaches suitées sont affolées par les vautours. © B. Vaissade.

Un problème étudié dans les Pyrénées en 2014

Dans plusieurs régions de France, et notamment dans les Pyrénées, les vautours sont redoutés des éleveurs de bovins et d’ovins. Dans certains secteurs, ils outrepassent leur rôle de charognard.

Déjà en 2014, une mission d’experts des ministères de l’Agriculture et de la Transition écologique estimait urgent de finaliser une stratégie nationale autour du vautour fauve et de ses interactions avec le pastoralisme. Les auteurs recommandaient, entre autres, « de prendre en compte le ressenti des éleveurs en termes d’acceptabilité du développement des populations de vautour fauve ».

Le problème semble atteindre de nouvelles zones avec l’Aveyron. Une dizaine de constats dispersés dans tout le département seraient recensés au 22 juin, depuis le début du printemps. La saison d’estive de 2020 pourrait être longue pour les éleveurs de l’Aubrac, entre les loups et les vautours.

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M.-F. M.