« L’urgence est du côté de la filière bovine et de ses 2 000 éleveurs qui disparaissent chaque année », s’inquiète Olivier Rietmann, aussi vice-président du groupe d’étude « Élevage » du Sénat, le 3 février 2021.

Alors que les prix des broutards et des jeunes bovins se maintiennent à bas niveaux depuis plusieurs mois, le sénateur de la Haute-Saône attend des « décisions fortes [du gouvernement] pour permettre aux éleveurs de vivre de leur travail ».

« Le gouvernement est absent. Absent quand il s’agit de sanctionner les acteurs qui contournent le plan de filière. Absent quand il faut réprimer la non-conformité aux règles européennes de produits importés », martèle Olivier Rietmann, s’adressant au ministre de l’Agriculture.

« Les contrôles seront renforcés », promet le ministre

En réponse au sénateur, le ministre de l’Agriculture se dit « très mobilisé » à ce sujet. « La loi Egalim a changé les états d’esprit, elle a créé une confiance », affirme Julien Denormandie, qui admet cependant que le cadre n’est pas respecté de tous.

Pour y remédier, le ministre rappelle avoir annoncé il y a quelques jours la multiplication des contrôles par la DGCCRF (1) partout sur le territoire. En parallèle, « l’adresse publique signalement@agriculture.gouv.fr permet à chacun de signaler là où les prix et l’étiquetage sont anormaux », ajoute-t-il.

> Pour davantage d’informations : Négociations commerciales, les demandes de baisse de prix qui ne passent pas (01/02/2021)

« Diversifier davantage les débouchés »

S’agissant de la crise du marché des broutards et des jeunes bovins, « il n’est pas question de la gestion de la loi Egalim mais bien de filière », rétorque Julien Denormandie, le ministre de l’Agriculture.

« Il faut qu’on sorte du seul marché qui est l’Italie », poursuit le ministre, qui assure que la diversification des débouchés dans le secteur du jeune bovin donnera un « énorme souffle à notre filière bovine ».

« S’agissant des financements, nous ne cessons d’en mettre dans le cadre du plan de relance et nous continuerons à le faire », conclut le ministre, en rappelant les fonds déjà mobilisés.

> À lire aussi : Filière, le ministère souhaite « recréer du lien » pour sortir de la crise du jeune bovin (03/02/2021)

Lucie Pouchard

(1) Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes.

Votre analyse du marché - Bovins maigres

Commerce fluide

Les apports de broutards restent mesurés sur les marchés et les cadrans alors que la demande en direction de l’Italie et du pourtour méditerranéen se montre plus active. L’Espagne aussi reste un pays demandeur même si les niveaux sont moins élevés que l’an dernier. Dans un contexte de bonne tenue des prix des jeunes bovins, les engraisseurs français expriment aussi davantage de besoins au début de ce mois de janvier, après les grosses sorties de fin d’année.