Le 28 novembre dernier, les eurodéputés, réunis en séance plénière, avaient voté en faveur d’un accès privilégié des opérateurs américains au contingent de viande bovine de haute qualité aussi appelé « Panel hormones ». Le 19 décembre, le Journal officiel de l’Union européenne (JOUE) dévoile, dans un avis, que l’accord entre les États-Unis et l’Union européenne (UE) est entré en vigueur depuis 7 jours.

Pour rappel, selon l’accord, la part réservée aux États-Unis du contingent total de 45 000 tonnes de viande bovine sera de 18 500 tonnes la première année, et augmentera progressivement pendant sept ans, jusqu’à atteindre un volume équivalent à 35 000 tonnes. Les autres pays (Argentine, Australie, Nouvelle-Zélande et Uruguay) devront, à terme, se partager les 10 000 tonnes restantes.

Un vote quelque peu incohérent

L’interprofession du bétail et des viandes (Interbev) n’avait pas manqué d’affirmer sa position contre la ratification de cet accord, dans un communiqué de presse le 26 novembre dernier. Interbev avait notamment dénoncé l’absence d’interdiction ou de restriction concernant l’utilisation des farines animales ou des litières de volaille dans l’alimentation des bovins, pratiques interdites en Europe.

Dans un rapport de veille des négociations internationales publié ce 17 décembre, Interbev soulève que « cette concession est faite alors que les États-Unis continuent de mettre la pression sur l’UE sur de nombreux dossiers ». Il faut savoir que, le même jour, « le Parlement européen adoptait un texte demandant à soutenir rapidement les agriculteurs pénalisés par les hausses de droits de douane étasuniens en lien avec l’affaire Airbus à l’OMC » et « déclarait l’état d’urgence climatique », rappelle l’interprofession.

Lucie Pouchard