Saisi par Lactalis en 2016, le Conseil d’État a finalement décidé de rendre caduc le décret gouvernemental rendant obligatoire l’étiquetage géographique du lait. Dans un communiqué publié le 26 mars 2021, la Coordination rurale (CR) s’indigne de cette décision et épingle Lactalis pour son acte « de mépris » envers les producteurs.

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Œuvrer pour la transparence

« La décision du Conseil d’État profite à l’ensemble des transformateurs et pénalise tous les producteurs, affirme Sophie Lenaerts, responsable de la section laitière à la Coordination rurale. Par la suppression de l’indication de l’origine du lait dans les produits transformés, même s’il s’en défend, Lactalis cherche certainement à valoriser en France un lait acheté moins cher ailleurs, comme sur le marché spot. »

De son côté, Lactalis assure que cette abrogation présente un réel intérêt à l’exportation et ne remet pas en cause son engagement à « faire figurer la mention Origine France » sur ses produits.

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L’exception « agriculturelle »

En écho à cette polémique, la Coordination rurale réaffirme la nécessité de « faire cesser la libéralisation des échanges mondiaux de produits agricoles ». Car pour le syndicat, « le lait français est réellement différent, et c’est pourquoi il est primordial d’indiquer son origine sur les produits ».

La Coordination rurale appelle donc le ministre de l’Agriculture à « prendre ses responsabilités » pour que « cesse cette mascarade ».

Alexandra Courty