« Depuis leur agrément en 2012, les organisations de producteurs (OP) se sont senties seules face aux industriels laitiers et ont manqué de moyens », dénonce l’association d’OP France Milk Board Grand Ouest et Normandie (FMB) dans un communiqué diffusé le 24 août 2020.

« Un prix du lait unilatéral »

Malgré l’entrée en vigueur de la loi Alimentation, certaines laiteries continuent d’imposer « un prix du lait unilatéral ». « L’absence de soutien de l’État et la lenteur de la Médiation à prendre des décisions dans les saisines concernant les dossiers Lactalis et Savencia [faisant suite à la saisine collective déposée par France OP lait à la fin d’avril, NDLR] ont contribué à placer les OP dans une forme de soumission face à leurs industriels », affirme FMB.

Pour Denis Jehannin, coprésident de l’association d’OP, « les industriels attendent les directives de la Médiation et pendant ce temps-là, les négociations sur le prix du lait ne reprennent pas. » Chez FMB Grand Ouest, « aucune rencontre n’est encore prévue pour fixer le prix de septembre ». Le responsable craint une nouvelle prise de décision « unilatérale ».

En quête de reconnaissance

En vue de rééquilibrer le rapport de force entre OP et industriels, FMB appelle une nouvelle fois l’ensemble des éleveurs laitiers à rejoindre une OP. « Les coopératives doivent demander, elles aussi, leur agrément en OP », ajoute l’organisation.

Autre piste avancée, « les formules de prix du lait doivent intégrer l’ensemble du mix produit des industriels, y compris les produits à haute valeur ajoutée. » Pour veiller à la mise en œuvre de cette mesure, et de l’ensemble des recommandations des États-généraux de l’alimentation (EGA), l’association d’OP conseille à ses pairs de « tout mettre en œuvre » pour assurer la facturation de leurs adhérents. « Il y va de la transparence des transactions, sur les volumes ou encore les primes », assure Denis Jehannin.

La création de la fédération d’OP France OP lait, à la fin de 2018, s’inscrit dans cette quête de reconnaissance. De fait, l’une de ses prérogatives consiste à « représenter les OP auprès des instances de la filière et des pouvoirs publics ». La fédération compte désormais 20 OP membres, pour un total de 3 milliards de litres de lait par an.

Alexandra Courty