L’idée derrière ce GIE est de « construire une filière de production végétale riche en protéines qui soit rentable et dont le modèle serait dupliqué à l’échelle du pays », indiquent Eureden, Valorex et Tromelin Nutrition, les trois acteurs bretons de la nutrition animale dans un communiqué de presse commun.

S’allier pour innover

Le GIE disposera d’une « formidable capacité d’innovation, a expliqué le directeur général de Valorex, Stéphane Deleau, lors d’une conférence de presse au siège de Tromelin Nutrition à Plounéventer. Il s’agit d’une stratégie complètement inédite. »

« Il y a une alternative à des achats de soja étranger », a souligné Henri Tromelin, directeur général de Tromelin Nutrition. La France dépend actuellement à près de 45 % des importations de protéines végétales pour nourrir ses animaux d’élevage.

Profiter du plan protéines

Cette dépendance, les producteurs d’oléoprotéagineux aimeraient la voir descendre à 35 %, avec l’aide du nouveau plan protéines présenté par le gouvernement le 3 septembre 2020, et inscrit dans le volet agricole du plan de relance pour un montant de 100 millions d’euros.

En Bretagne, cette dépendance atteint près de 95 %, selon FranceAgriMer. Elle repose essentiellement sur l’importation de soja provenant de l’Amérique du Sud, notamment du Brésil et de l’Argentine.

Le budget prévisionnel du GIE pour les deux prochaines années est de 225 000 euros par an. Par ailleurs, des investissements à hauteur de cinq millions d’euros ont été réalisés ou vont l’être d’ici à 2021 dans deux outils industriels.

Développer les protéagineux en Bretagne

Parmi les principaux objectifs, il y a l’amélioration des rendements et le développement des cultures de protéagineux en Bretagne. Actuellement, les légumineuses à graines (féverole, pois, lupin, soja) occupent 0,6 % de la surface agricole bretonne et les céréales près de 30 %.

Le groupe Eureden (D’Aucy, Paysan Breton, Point Vert…) est issu de la fusion au début de 2020 des coopératives agricoles Triskalia et D’Aucy. Il emploie plus de 9 000 personnes et rassemble 20 000 agriculteurs. Il a réalisé en 2019 un chiffre d’affaires de plus de trois milliards d’euros.

L’entreprise Tromelin Nutrition emploie 110 personnes et a réalisé en 2019 un chiffre d’affaires de 65 millions d’euros. Valorex emploie 125 personnes pour un chiffre d’affaires de 82 millions d’euros sur 2019-2020.

AFP