« Environ 80 % des matières premières utilisées en alimentation animale proviennent de France », se félicite Philippe Manry, vice-président du Snia (alimentation animale), lors d’une conférence de presse le jeudi 1er octobre 2020. « La France n’est pas en retard, et nous avançons bien au sujet de l’autonomie protéique », poursuit-il.

Le tourteau de soja figure néanmoins en tête des matières premières importées, provenant aux deux tiers du Brésil. « Sur les 464 000 hectares de soja brésilien destinés aux exportations vers la France, 6 000 ha remplacent un écosystème naturel », précise Philippe Manry. « Les importations couvrent 46 % des besoins en matières riches en protéines en France, contre 66 % en Europe pour la campagne de 2018-2019 », ajoute François Cholat, président du Snia.

Davantage de protéines par les céréales

Pour « améliorer la durabilité de ces importations et renforcer l’autonomie protéique de nos territoires », le syndicat s’est engagé dans la démarche Duralim (1), visant notamment à assurer la totalité des approvisionnements en soja non issu de la déforestation. Il compte également sur les 100 millions d’euros alloués au plan protéines végétales, dans le cadre du plan de relance du gouvernement français.

Le maintien d’une culture d’oléagineux « compétitive » et le soutien à la culture de protéagineux font partie des pistes avancées. « Il faut aussi renforcer la part de protéines fournies par les céréales », appuie François Cholat. Il s’agit également de limiter la concurrence sur les surfaces. « 50 % de la production française de céréales est exportée. Le plan protéines ne soit pas sacrifier la balance commerciale du pays », tranche Philippe Manry. En 2018, les céréales et les coproduits céréaliers représentaient 60 % des matières premières utilisées par les fabricants d’aliments.

Vincent Guyot