Le bal des négociations commerciales continue. Le 17 février, Lidl et Savencia ont annoncé s’être entendus sur une revalorisation du prix de base du lait entre 359 et 368 €/1 000 litres « selon les régions. » Au niveau national, toutes primes confondues, cela équivaut à un prix réel moyen de 386 €/1 000 litres en 2021.

> À lire aussi : Négociations commerciales, Lidl annonce des accords sur le prix du lait avec Sodiaal, Lactalis et Eurial (09/02/2021)

140 millions de litres de lait

L’accord concerne les produits laitiers sous marques nationales, livrés par Savencia auprès des 1 550 supermarchés Lidl en France. 140 millions de litres de lait, issus de 7 000 exploitations, sont ainsi directement concernés par cet engagement.

« Savencia Fromage & Dairy confirme à travers cet accord sa volonté de soutenir la filière laitière en 2021, souligne Antoine Autran, directeur général Europe de l’Ouest de la structure, dans un communiqué diffusé le 17 février 2021. Il sera bien entendu nécessaire de conclure les contrats de marques de distributeurs (MDD) dans le même esprit. »

Les « prémices d’une transparence »

Bien que les volumes concernés et la fourchette de prix de base du lait convenue (à défaut d’une valeur unique) soient clairement affichés dans le cadre de l’accord liant Lidl et Savencia, Michel Biero, directeur exécutif achats et marketing Lidl France, ne compte pas s’arrêter là.

« Nous sommes aux prémices d’une transparence réelle, souligne-t-il auprès de La France Agricole. Pour aller plus loin, il est absolument nécessaire d’intégrer l’éleveur dans les discussions, au travers de contrats tripartites. »

Il est temps d’imposer à tout le monde de rentrer dans des démarches tripartites, gages de confiance et de transparence.Michel Biero, directeur exécutif achats et marketing chez Lidl France

En complément, Michel Biero en appelle au soutien des pouvoirs publics pour revoir le format des négociations commerciales sur les marques nationales. « D’un côté, la loi EGAlim demande la construction du prix à partir des coûts de production des éleveurs. De l’autre, on demande aux distributeurs de négocier des remises - contre services - sur un tarif général annoncé par les transformateurs. Où sont les matières premières dans tout ça ? »

> À lire aussi : Parole de distributeur, « Il faut légiférer pour imposer les contrats tripartites » (16/02/2021)

Alexandra Courty