« Le comportement des distributeurs est inacceptable et met en péril les élevages », gronde la Confédération française de l’aviculture (CFA), dans un communiqué publié ce jeudi 25 février 2021. Et pour cause : « malgré les multiples alertes lancées ces dernières semaines par les éleveurs de poules pondeuses auprès des distributeurs, ces derniers sont sourds aux demandes de répercussion de la hausse du coût de l’aliment », explique le syndicat.

Selon la CFA, le prix de l’aliment a bondi de 22,3 % en janvier 2021, par rapport à janvier 2020, et de 4,7 % entre décembre 2020. Avec pour conséquence, une augmentation du coût de production des œufs située entre 7,2 % et 8,3 %. Or « les hausses consenties ces derniers jours par les distributeurs avoisineraient 1 %. Un véritable scandale, les éleveurs ne peuvent pas supporter une telle provocation », s’agace le syndicat.

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Carrefour dans le viseur

Le groupe de distribution Carrefour est notamment montré du doigt, accusé par la CFA d’être « dernier de la classe en matière de rémunération des éleveurs ». Le syndicat égratigne également les enseignes Casino, Auchan et Aldi, dont il juge le comportement « incompréhensible et inacceptable ».

« La loi Agriculture et alimentation, si elle était appliquée correctement, devrait permettre une répercussion de cette hausse jusqu’aux distributeurs, argumente la CFA. Force est de constater que ce ruissellement ne fonctionne pas. »

À l’appel du syndicalisme majoritaire et de l’Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne (UGPVB), une manifestation de producteurs s’est tenue ce mercredi 25 février, devant un établissement Carrefour à Rennes.

« Si un retour à la responsabilité des enseignes d’ici le 15 mars n’est pas acté, nous bloquerons les centres de conditionnement et les magasins ne seront plus approvisionnés en œuf », prévient la FRSEA de Bretagne.

Un centime par œuf

Car le syndicat assure que « la hausse du coût de l’aliment des poules pondeuses est vertigineuse et n’est pas prête de s’arrêter ». Pour couvrir cette charge, la CFA avance la nécessité d’augmenter le prix de l’œuf d’un centime. « Cette augmentation représente en moyenne 2,20 euros par an et par français si 100 % du surcoût lui est répercuté. »

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Vincent Guyot