« Que l’on élève des lapins, des volailles de chair ou des poules pondeuses, le prix de leur aliment est supérieur de plus de 19 % par rapport à janvier 2020, et de plus de 4 % par rapport à décembre 2020 », rapporte Jean-Michel Schaeffer, le président de la Confédération française de l’aviculture (CFA), cité dans un communiqué diffusé le 8 février 2021.

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Demande de révision des contrats à la baisse

Selon la CFA, des distributeurs ferment les yeux sur cette hausse des prix des céréales entrant dans la ration des animaux et refusent d’acheter plus cher les produits aux industries agroalimentaires. Ce qui menace en bout de chaîne le revenu des éleveurs.

« Des opérateurs de l’abattage des volailles et du conditionnement des œufs ont fait savoir qu’ils ne sont plus en mesure de respecter leurs engagements financiers envers les éleveurs et demandent que les contrats soient revus à la baisse », déplore le syndicat.

Informer le consommateur

La CFA réserve ses flèches aux supermarchés coupables selon elle « d’indifférence », dans ce texte retweeté par la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert. « Si des enseignes ont clairement entendu les messages et comprennent les enjeux, d’autres, et non des moindres, Casino, Carrefour et Aldi, semblent avoir décidé d’ignorer les demandes des éleveurs », poursuit le syndicat d’éleveurs.

Face à une « situation financièrement insoutenable », le syndicat affirme qu’il se devait « d’en informer les consommateurs pour qu’ils en tirent leurs propres conclusions ». Le syndicat avait déjà dénoncé, en décembre dernier, la nécessité de renégocier les prix pour faire face à la hausse des coûts de production.

Une situation financière « insoutenable »

« Face à cette indifférence et malgré nos multiples alertes, nous informons les consommateurs que les enseignes Carrefour, Casino et Aldi nous placent dans une situation financièrement insoutenable ! Nous appelons ces trois distributeurs à reconsidérer leurs positions dans les négociations en cours », martèle Isabelle Leballeur, secrétaire générale de la CFA.

Les négociations commerciales annuelles entre producteurs, industriels de l’agroalimentaire et distributeurs courent jusqu’au 1er mars dans un contexte tendu. En amont, les cours des matières premières flambent et renchérissent les coûts à la charge des producteurs. En aval, la grande distribution veut baisser ses prix pour attirer des Français exigeants sur leur pouvoir d’achat en période d’incertitude économique.

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Marie Salset, avec l’AFP