Si l’état d’esprit de la loi Egalim séduit toujours, les professionnels des filières agroalimentaires décèlent encore certaines failles dans le texte réglementaire. Le projet de loi porté par le député Grégory Besson-Moreau, appelé Egalim 2, se propose d’y travailler mais l’une des idées avancées inquiète les transformateurs laitiers privés.

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« Sanctuariser les seules matières premières agricoles sans sanctuariser les coûts de transformation ne permettra pas de créer la valeur nécessaire pour l’ensemble de la filière et en particulier les transformateurs », relève en effet la Fédération nationale des industries laitières (Fnil), dans un communiqué publié le 26 avril 2021.

C’est donc la clause de non-négociabilité du prix des matières agricoles qui est dans son viseur. Une vision opposée à celle de la FNPL, qui compte sur cette clause pour assurer le ruissellement des marges.

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Au nom de la compétitivité

Le danger présenté est le suivant : « Ce type de mécanisme, une exception française de plus dans l’environnement européen, risque de nous faire perdre un peu plus en compétitivité avec les conséquences qui en découlent au niveau de la collecte et de la transformation du lait en France. » Ce qui ferait du projet de loi « un remède pire que le mal. »

Pour le syndicat, « seul le renforcement du tarif fournisseur pourra permettre un réel progrès pour les filières alimentaires » car « il n’y aura de meilleur partage de la valeur possible que si l’on tient compte de l’évolution des coûts de production des entreprises et des investissements auxquels elles doivent consentir. »

Néanmoins, la Fnil dit « partager l’objectif porté par cette proposition de loi » et espère voir d’autres limites corriger. Sont notamment cités « la course aux prix bas pratiquée par certains acteurs » et « le refus d’appliquer Egalim aux marques de distributeur. » Le syndicat demande également le renforcement du « contrôle des pratiques des distributeurs. »

Alexandra Courty