Contrairement à d’autres enseignes comme Leclerc et Lidl, Carrefour et Casino continuent à demander des baisses de prix des œufs à l’occasion des négociations commerciales en cours. Ils refusent de tenir compte de l’augmentation nette des coûts de production dont témoignent les indices de l’Itavi, a déclaré à La France Agricole Yves Marie Beaudet, administrateur de l’UGPVB (Union des groupements de producteurs de viande et d’œufs de Bretagne), lui-même producteur d’œufs.

Les coûts de production ignorés par certains enseignes

« Ces indices sont des références admises par tout le monde depuis longtemps comme représentatif des cours, insiste Yves Marie Beaudet. Contrairement à la loi Egalim, Carrefour ne veut pas l’entendre alors même que son acheteur siège à l’interprofession et qu’il ne peut donc pas les ignorer. Même si nous savons que les négociations commerciales peuvent durer jusqu’à la fin de février, les éleveurs ne vont pas attendre pour bouger face à sa demande de baisse de 2 % du prix. »

« Durant le confinement, on était applaudi pour notre travail et là, c’est l’inverse, poursuit-il. Impossible de vivre avec une baisse de prix quand l’aliment pour les animaux augmente à cause des cours des matières premières au niveau mondial. » Pour ce responsable professionnel, le calcul est simple : il faut une revalorisation de 1 centime par œuf pour couvrir cette hausse, ce qui représente sur l’année 1,1 € par consommateur puisqu’en moyenne un français achète 110 œufs par an en GMS.

« Et la règle est claire, si les cours des matières premières baissent, il y a la clause de revoyure », souligne-t-il. La colère gronde donc dans les poulaillers, solidaires de leurs centres de conditionnement d’œufs. « Si ça ne bouge pas au début de février, nous n’hésiterons pas à dénoncer les centrales auprès des consommateurs en les incitant à aller se fournir dans les magasins qui jouent le jeu. Et les autres, nous pourrions bien leur apporter nous-mêmes des œufs », conclut Yves-Marie Beaudet.

Yanne Boloh