« Les insecticides utilisés en élevage ne sont pas plus à négliger que ceux utilisés en traitement des cultures, puisque ce sont les mêmes », fustige Jean-Marc Bonmatin, chercheur au CNRS, dans un communiqué publié par l’Unaf ce jeudi 15 novembre 2018.

À la demande du syndicat et avec le concours de la Fédération française des apiculteurs professionnels (FFAP), le chercheur a rédigé un rapport dans le but de « dresser un état des lieux des insecticides utilisés dans les élevages bovins et ovins, de comprendre leurs mécanismes d’action sur les abeilles, d’interroger leurs règles de mise sur le marché et de mesurer les risques sur l’activité apicole ».

« Intégrer ce risque dans l’évaluation »

D’après l’Unaf, ce rapport révèle une exposition des abeilles « à des doses potentiellement nocives via la contamination des eaux et des excréments du bétail », et indique que « les insecticides utilisés dans les élevages sont toujours nocifs pour les abeilles ».

Antoine Caron, administrateur de l’Unaf, estime que « la non-prise en compte du risque de toxicité pour les abeilles et les pollinisateurs est une grave lacune de l’évaluation des pesticides utilisés en élevage. Le déclin alarmant de ces insectes doit conduire de toute urgence à intégrer ce risque dans le processus d’évaluation. »

V. Gu.