Pas de couvre-feu pour les éleveurs aveyronnais, ce mardi 9 mars 2021. Ils avaient l’autorisation de sortir leurs tracteurs, bien après 18 heures, pour manifester leur colère et rappeler au gouvernement leurs grandes craintes de voir leurs aides Pac fondre comme neige au soleil. Toute la soirée, ils ont fait brûler de grands feux devant la préfecture et les sous-préfectures. Trois cents tracteurs avaient suivi, tous phares allumés.

Sans les aides Pac, pas d’agriculture en Aveyron

« À ce jour, nous redoutons fortement une baisse sur les aides couplées liées à l’élevage, expliquent-ils. Des hypothèses allant jusqu’à –30 %, voire –50 % circulent, ce qui est un risque majeur pour nos fermes, car les soutiens Pac représentent une part importante du revenu des éleveurs. » L’Aveyron, où l’agriculture et l’agroalimentaire fournissent un tiers des emplois, est en effet l’un des départements percevant le plus d’aides de l’Union européenne.

Des risques aussi sur l’ICHN

Second sujet d’inquiétude, l’ICHN (indemnité compensatoire de handicaps naturels), soutien majeur en zone de montagne, risquerait d’être « dilué pour financer d’autres mesures, comme l’assurance récolte ». « Les montagnes ne sont pas aplanies, l’ICHN ne doit pas l’être non plus », martèlent les agriculteurs. La réforme de la Pac est un sujet d’autant plus important que le contexte économique et sociétal est difficile en viande bovine, en lait de vache, en veaux, en porcs... et que les revenus sont toujours très bas.

Un plan d’urgence ponctuel proposé

Valérie Michel-Moreaux, préfète de l’Aveyron, venue à la rencontre des éleveurs, a proposé un plan d’urgence, qui s’ajouterait aux aides proposées par le Premier ministre. « Mais ce n’est pas ce que nous voulons, répondent les manifestants. Les aides ponctuelles ne nous conviennent pas, nous voulons du structurel. Et, en la matière, la Pac actuelle nous convient très bien. Il ne faut pas y toucher. »

Florence Jacquemoud