Christiane Lambert, la présidente de la FNSEA, Claude Cochonneau, le président des chambres d’agriculture, et Thierry Trouvé, le directeur général de GRTgaz, ont réaffirmé et approfondi ce mardi 5 décembre leur partenariat. Celui-ci vise à mettre la filière de la méthanisation au cœur du virage vers les bioénergies engagé par les gouvernements successifs.

Des freins à lever

« 90 % de la production de biométhane venant de l’agriculture, il n’est pas envisageable que les agriculteurs perdent la main sur la filière », affirme Christiane Lambert. Les 1 000 sites de production de biogaz nécessaires à l’atteinte des objectifs de production d’énergie verte semblent loin avec seulement 570 unités en fonctionnement, dont 320 agricoles.

Néanmoins, tout n’est pas noir car un nombre conséquent de projets est à l’étude. Mais le temps qu’exigent les démarches administratives, les difficultés de la recherche de financements et les contraintes d’organisation sont autant de freins qui font baisser les bras à nombre de porteurs de projets.

Alain Caillaud, agriculteur-méthaniseur est intervenu pour rappeler toutes les difficultés qu’il a rencontrées au cours des sept années passées à mettre en place son projet. Les partenaires se sont donc mis d’accord sur trois piliers pour aider la filière :

  1. Favoriser le financement des projets

    L’investissement pour une unité de méthanisation varie en moyenne entre 3 et 5 millions d’euros. Pour participer au financement, les établissements bancaires réclament un apport de fonds propre à hauteur de 15 à 30 % (subventions comprises). La FNSEA, l’APCA et GRT Gaz travailleront désormais en commun pour la recherche de financements soutenus par les pouvoirs publics spécifiques à la méthanisation agricole.

  2. Accompagner et former les agriculteurs

    La méthanisation étant un métier nouveau pour les agriculteurs, il est nécessaire de les former, dans un premier temps, avec un accompagnement individuel et collectif. C’est ce que proposent les chambres d’agriculture avec leurs 90 conseillers disponibles pour un accompagnement lors de toutes les phases du projet. Dans un second temps, l’APCA proposera une formation initiale pour les étudiants, futurs acteurs de la filière de la biométhanisation.

  3. Orienter la R&D

    Un autre objectif présenté lors de cette conférence est de mettre en synergie les équipes des trois partenaires pour amplifier la diffusion de références et d’innovations sur les nouveaux systèmes agricoles. Par exemple, par des études sur la valorisation des digestats et leurs utilisations agronomiques ou sur les mises en place de cultures intermédiaires affectées à la production de biomasse. De son côté, GRTGaz s’engage à développer son réseau pour faciliter l’injection du gaz par les agriculteurs.

Loris Coassin