En pleine croissance, la filière du biométhane doute. Si à la fin du mois de juin 2017, le pays compte 35 unités de production, dont 22 à couleur agricole, pour une capacité d’injection annuelle d’environ 500 GWh, elle estime que des freins peuvent être levés pour assurer son avenir. En effet, neuf installations ont vu le jour depuis le début de l’année, soit autant que pour toute l’année 2016. Mais trop jeune et sans recul, la filière ne peut justifier de modèles fiables et peine à convaincre les financeurs. Elle se définit comme une filière non mature et demande une prolongation de la durée des contrats d’achat de 15 à 20 ans.

Premières unités en 2013

Les difficultés de la filière à préparer l’avenir sont notamment liées à sa jeunesse. Les premières unités, qui sont d’origine agricole, ne peuvent effectivement prétendre qu’à bientôt cinq ans d’existence. Il est difficile alors de prouver aux financeurs la validité des systèmes de production. D’autant que les banquiers régionaux restent échaudés par plusieurs mauvaises aventures sur le terrain de la valorisation électrique. « Beaucoup de projets de cogénération ont eu des problèmes, explique Cédric de Saint Jouan, le président du groupe de réflexion France Biométhane. Les banquiers ne sont pas rassurés. Il y a un besoin de stabilité du système. »

Banques et industriels en attente

Un des leviers identifiés par France Biométhane est la prolongation du contrat d’achat de 15 à 20 ans. Outre rassurer les financeurs, « cela aurait aussi l’avantage de donner des signaux aux industriels des procédés, de l’épuration et aux sous-traitants », précise le responsable du think-tank. Cette durée de contrat d’achat a notamment été étendue au photovoltaïque et tout récemment à la cogénération.

Pour l’heure, le secteur des énergies renouvelables attend surtout la très prochaine révision de la programmation pluriannuelle de l’énergie. Elle confirmera ou infirmera l’objectif annuel de capacité porté à 8 TWh en injection d’ici à 2023. D’après France Biométhane, à la fin de mars 2017, 252 projets étaient en attente sur le réseau pour une capacité de 5,6 TWh/an.

Vincent Gobert