Les tableaux de bord des énergies renouvelables du ministère de la Transition écologique et solidaire chiffrent précisément la croissance très rapide de la filière du biogaz en France. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a publié dans le même temps un rapport sur le potentiel que représente cette source d’énergie au niveau mondial.

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Deux tiers de capacité supplémentaire en France

Dans l’Hexagone, la capacité de production de biométhane a augmenté de 63 % entre le 1er janvier et le 31 décembre 2019. Ce bond porte le nombre d’installations raccordées à 123, pour une production de 2,2 TWh/an. Cette dynamique est amenée à se poursuivre dans les prochaines années. Plus de mille projets sont ainsi attente et représentent un potentiel supplémentaire de 24 TWh/an.

Un potentiel « énorme » au niveau mondial

Dans un rapport publié le 19 mars 2020, l’AIE estime que le niveau de production actuel est très faible par rapport à son potentiel. L’agence autonome de l’OCDE (1) souligne la capacité vertueuse de valorisation des déchets offerte par le secteur. L’importance d’une taxation du carbone pour valoriser les systèmes de production les plus bénéfiques dans la lutte contre le changement climatique est mise en avant.

La publication de l’AIE met toutefois en garde contre les risques de dérives et l’importance de ne pas entrer en concurrence avec l’alimentation. Elle suggère ainsi un paiement pour le carbone stocké, mais aussi pour le méthane non relâché dans l’atmosphère. L’utilisation des effluents d’élevage devrait ainsi être priorisée sur l’usage d’intrants végétaux qui n’auraient pas émis spontanément de méthane atmosphérique.

Le rapport met en avant les ressources « durables » : celles qui n’entrent pas en concurrence pour les terres agricoles avec l’alimentation humaine. L’optimisation de ces ressources et leur transformation en biogaz pourraient d’ores et déjà combler environ 20 % des besoins internationaux en gaz.

Gildas Baron