Lorsque la FNB (Fédération nationale bovine) s’énervait sur le dossier des machines à classer dans les abattoirs, elle menaçait de sortir la machine à secouer. Là, avec la FNSEA, JA et Interbev, c’est sur les accords de libre-échange négociés par Bruxelles que le ton monte avec les pouvoirs publics français. Pour l’occasion, Interbev a même pris la plume.

Pas de nouveau contingent tarifaire

Dans une lettre adressée au président de la République, le 4 octobre 2017, elle demande à Emmanuel Macron de ne pas laisser Bruxelles détruire la filière de la viande bovine française en acceptant l’ouverture du marché aux viandes bovines du Mercosur. La FNB, la FNSEA et JA lui emboîtent le pas dans un communiqué de presse.

Les organisations syndicales craignent que l’ouverture d’un contingent de 70 000 tonnes par an ne provoque « un déséquilibre majeur sur les marchés et d’énormes dégâts au secteur, en particulier en Irlande et en France ». Selon eux, le Mercosur représente déjà trois quarts des importations de bovins dans l’Union européenne, avec 246 000 t/an, dans un contexte de production en repli.

« Grande braderie »

Les syndicats s’interrogent : « L’Union européenne aurait-elle décidé de sacrifier le secteur de la viande bovine sur l’autel du libre-échange ? Puisque l’Europe s’ouvre aux négociations avec le Canada, le Mercosur, la filière doit-elle avoir peur de l’ouverture de contingents avec la Nouvelle-Zélande et l’Australie ? »

« Comme d’autres éleveurs européens, nous disons STOP à cette grande braderie, lancent-ils. Nous demandons que les produits sensibles, au premier rang desquels la viande bovine, soient exclus de la négociation Mercosur. Plus largement, les produits agricoles ne sont pas des marchandises comme les autres et ne peuvent être traités de la même façon dans les négociations internationales. »

Interbev rappelle que, outre-Atlantique toujours, 65 000 tonnes de viandes canadiennes voient les portes de l’Europe s’ouvrir, dans le cadre du Ceta. Pour l’interprofession, « si la France ne met pas un coup d’arrêt à cette politique commerciale en exigeant l’exclusion définitive de la viande bovine des accords, plusieurs dizaines de milliers d’emplois disparaîtront ».

Hélène ChaligneJournaliste web