L’arrivée des pluies sur le sol australien dès le premier trimestre de 2020 a incité les éleveurs à recapitaliser leurs cheptels reproducteurs, limitant les volumes disponibles sur le marché intérieur et à l’exportation.

À l’inverse, la filière néo-zélandaise, frappée par la sécheresse, a opté pour un « déstockage » important de ses animaux. « La Nouvelle-Zélande a enregistré une hausse de ses envois de bœuf et a ainsi fait preuve de résilience face à la crise du Covid-19 », analyse Cassandre Matras, économiste à l’Institut de l’élevage (Idele) lors d’une conférence en ligne sur les marchés mondiaux, organisée le 22 juin 2021.

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La production australienne marque le pas

« Après deux années de sécheresse extrême, l’Australie a vu ses conditions climatiques s’améliorer en 2020 », explique Arnaud Villaret, expert à l’Idele. Les éleveurs ont profité de cette fenêtre pour reconstituer leurs cheptels, qui étaient en phase de décapitalisation depuis 2018.

Les effets se sont vite fait ressentir sur la production abattue (-12,7 % par rapport à 2019) mais aussi sur les prix. « Devant les faibles disponibilités, le cours moyen des bouvillons et génisses australiens a bondi de 35 % dès le premier trimestre, pour atteindre une hausse de 52 % au global sur l’année 2020 », reprend Arnaud Villaret.

Ce renchérissement des tarifs couplé à une demande moindre à cause du Covid-19 a mis à mal les exportations australiennes, en vif comme en viande. Sur l’année 2020, les envois de bovins vivants de type viande ont fléchi de 19 % sur un an, notamment à destination de l’Indonésie (–32 %) et d’Israël (–52 %). Les envois de viande bovine, établis à 1,45 million de tonnes-équivalent carcasse (tec) en 2020, ont quant à elles baissé de 14 %. La décision de la Chine de suspendre ses importations de bœuf australien à la mi-mai n’y est pas étrangère.

Des exportations néo-zélandaises dynamiques malgré le Covid

Au sein du pays des kiwis, « la sécheresse survenue en 2020 a stimulé les abattages de bovins », indique Cassandre Matras. La production abattue, affichant 4,6 millions de têtes en 2020, a augmenté de 3 % sur un an. « Les éleveurs n’avaient d’autre choix que de déstocker, y compris leurs vaches et génisses reproductrices, pour pouvoir nourrir suffisamment leurs animaux », informe l’experte.

Ainsi, malgré la pandémie de coronavirus et un cheptel reproducteur en baisse, les exportations néo-zélandaises de viande bovine ont progressé de 2 % en 2020, s’établissant à 607 500 tec. « La Nouvelle-Zélande a profité du dynamisme du marché nord-américain pour exporter +36 % en volume par rapport à 2019 alors que les envois vers la Chine ont baissé de 24 % sur cette période », rapporte Cassandre Matras. Les envois de bœuf néo-zélandais ont également augmenté en direction du Japon, de la Corée du Sud et de Taïwan.

Les perspectives à venir sur le marché océanien

En 2021, les filières bovines australiennes et néo-zélandaises seront toujours mises au défi par les perturbations liées au Covid-19 et par les conditions climatiques. « En Australie, les projections de 2021 tablent sur la poursuite de la recapitalisation du cheptel bovin, au détriment de la production de viande abattue (–8 %) et de l’exportation de viande (–12 %) », commente Arnaud Villaret.

A contrario, « même si les perspectives à long terme restent baissières pour la filière bovine néo-zélandaise, la production de viande bovine devrait se maintenir en 2021, répondant ainsi à une demande mondiale soutenue », analyse sa collègue Cassandre Matras.

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Lucie Pouchard
Votre analyse du marché - Bovins de Boucherie

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