La tension monte dans la filière porcine, à mesure que le cours du porc se replie. « Depuis le début de septembre, le prix du porc au Marché du porc breton (MPB) subit des baisses successives pour s’établir ce jeudi 26 novembre 2020 à 1,218 €/kg de carcasse, observent FRSEA et Jeunes Agriculteurs (JA) de Bretagne, Pays de la Loire et Normandie, dans un communiqué publié le 26 novembre. […] Ce prix ne couvre plus le coût de revient des éleveurs qui se situe autour de 1,38 €/kg de carcasse — base MPB. »

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Offre « pléthorique » en Allemagne

Alors que la présence de la peste porcine africaine en Allemagne prive le pays d’exportations vers la Chine, « l’offre de viande porcine allemande est pléthorique et, en restant en Europe, vient engluer l’ensemble des places européennes », analysent les syndicats. Malgré ce contexte, « les industriels français ne sont pas plus dynamiques à l’exportation », s’agacent FRSEA et JA, deux jours après la fronde de Culture viande, le syndicat de l’abattage-découpe.

Les syndicats estiment que « les éleveurs sont de nouveau les premiers perdants et soumis au bon vouloir de l’aval. »  Sur le marché intérieur français, ils observent que « le climat des négociations commerciales [entre industriels et distributeurs, NDLR] qui ont débuté depuis quelques semaines est déjà délétère ». « Ce n’est pas à l’éleveur d’être, encore une fois, la seule variable d’ajustement pour répondre à la baisse du pouvoir d’achat des consommateurs », appuient FRSEA et JA.

Priorité au porc français

Pour défendre la viande française, les syndicats avancent que le porc produit dans l’Hexagone est « le meilleur d’Europe en matière de qualité et de traçabilité » et estiment « urgent de mettre en avant ces éléments dans les points de vente et de communication. »

FRSEA et JA du Grand Ouest mettent en garde l’aval de la filière, promettant d’être « intransigeants » et de faire en sorte « qu’aucun opérateur n’aille s’approvisionner hors de nos frontières à moindre prix ».

Vincent Guyot