« Il y a quinze jours, je n’aurais jamais pensé que les prix des agneaux puissent reprendre plus de 30 centimes », avoue Jérôme Chartron, le chef des ventes sur le marché de Châteaumeillant dans le Cher. Pourtant c’est le scénario qui s’est déroulé le 7 avril sur ce cadran alors que Pâques approche en pleine épidémie de Covid-19. Les agneaux U de 38 à 44 kg se sont vendus 3,40 €/kg vif. Le 24 mars, ils s’étaient négociés 3,06 €/kg vif.

Demande ponctuelle

« Dès la fin de la journée d’hier, j’ai senti que la demande était légèrement plus active, précise Jérôme Chartron. Cinq acheteurs étaient présents contre trois, lors du précédent marché. » Les volumes, un peu moins fournis avec 325 agneaux, soit une centaine de moins qu’il y a quinze jours, ont peut-être permis de fluidifier les transactions. « Ces acheteurs ont répondu à une demande ponctuelle, explique le chef des ventes. Je n’ai aucune idée de l’évolution des prochaines cotations. »

La campagne de promotion de l’interprofession serait-elle à l’origine de ce rebond ? La Fédération nationale ovine hier a salué le 6 avril 2020 dans un communiqué de presse, les enseignes de la distribution qui se sont engagées en faveur de la production française. Elle dénonce en revanche, « le scandale provoqué par celles qui ont mis en priorité l’écoulement de leur stock d’agneaux d’importation accentuant ainsi la situation délétère des éleveurs français ».

Beaucoup d’incertitudes

Délétère et lourde, telle était l’ambiance le 2 avril 2020, sur le dernier marché d’avant Pâques aux Hérolles (Vienne). « Habituellement à cette date-là, une dizaine d’acheteurs sont présents, mais ce jour-là, il n’y en avait que la moitié, constate Romain Deshais, éleveur et administrateur du marché. Les 420 agneaux se sont écoulés entre 2,50 et 3,50 €/kg. Nous n’étions pas en position de force pour négocier. »

L’incertitude est grande pour les prochaines semaines. Vincent Puigrenier, à la tête de 900 brebis en Haute-Vienne et administrateur de Limovin, a pu faire partir ses agneaux ces dernières semaines, mais l’après-Pâques, alors que la production locale augmente traditionnellement, l’inquiète énormément.

M.-F. Malterre