Accompagnés d’une dizaine de tracteurs, près de 200 agriculteurs de la FDSEA et Jeunes Agriculteurs (JA) du Cantal ont manifesté à Aurillac le mardi 2 février 2021. Ils ont muré les entrées de la préfecture avec des parpaings, lançant des slogans « Manu arrose » ou encore « Denormandie tu as menti on n’a pas de prix ! ».

« On se sent abandonné »

« La situation de l’élevage est catastrophique, on se sent abandonné », a déclaré à l’AFP Mathieu Thérond, président de JA du Cantal. « Le prix des matières premières explose, celui des broutards est en baisse et l’État se désengage, il n’a pas réussi à faire travailler ensemble les différents acteurs », a ajouté Mathieu Thérond, précisant que des actions avaient eu lieu dans la nuit de lundi à mardi devant plusieurs trésoreries du canton.

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Les manifestants protestent notamment contre l’ajournement du dossier sécheresse de l’été 2020 dont l’étude a été repoussée d’un mois, au 18 février. « On est complètement en décalage, regrette Delphine Freyssinier, secrétaire générale de la FDSEA du Cantal, interrogée par La France Agricole. On a besoin d’aide tout de suite pour acheter du fourrage. Avec un avis favorable en février, la trésorerie sera là en mai ou juin quand les bêtes sont déjà dehors. »

Des agriculteurs mobilisés

Trésoreries vides, surendettement, augmentation des charges… La liste est longue, comme en témoigne Delphine Freyssinier. « Il y a un ras-le-bol général, insiste-t-elle, mais il faut continuer de se battre. En seulement trois jours, 200 agriculteurs ont répondu à l’appel. »

Ce ne sont pas les négociations commerciales en cours qui redonneront le sourire aux éleveurs. « La loi des EGA, États-généraux de l’alimentation, on aimerait bien qu’elle soit appliquée. Ça fait un moment qu’elle est sortie, et il ne se passe toujours rien », rappelle la secrétaire générale.

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Les agriculteurs redoutent également une baisse des soutiens à l’élevage de montagne, confronté depuis quelques mois à la pullulation des campagnols, à l’origine d’importants dégâts dans les prairies.

D’autres actions à venir

Les manifestations du jour pourraient bien n’être qu’un avant-goût. Rien d’officiel, mais Delphine Freyssinier l’assure : « Aujourd’hui, c’était l’ouverture des festivités. Le monde de l’élevage en colère, il faut le montrer, il faut qu’on se défende. On ne va pas se laisser faire. On est prêt à tenir dans la durée. J’espère que tous les départements suivront. »

Raphaëlle Borget, avec l’AFP