« Cette année, 50 % des chantiers d’ensilage ont été réalisés à plus de 35 % de matière sèche (MS), dont la moitié à plus de 38 % de MS », a indiqué Hugues Chauveau, zootechnicien chez Arvalis, lors du bilan de la campagne de maïs fourrage de 2018 organisé par l’institut ce mercredi 14 novembre 2018 à Paris.

Un constat qui en dit long sur l’effet des conditions climatiques exceptionnelles de l’été sur la récolte de maïs ensilage. « Cette campagne se caractérise par une importante précocité des plantes en raison de températures excédentaires tout au long du cycle, explique Michel Moquet, spécialiste du maïs fourrage chez Arvalis. Dès la première semaine d’août, certains maïs de l’est de la France atteignaient déjà 34 % de MS en plante entière. »

D’après Agreste, le rendement moyen français s’établit à 12,2 TMS/ha en 2018, soit un recul de 0,3 TMS/ha sur la moyenne quinquennale de 2013 à 2017. Si les rendements se sont globalement maintenus dans l’ouest de la France, ils sont particulièrement bas dans les régions Centre (7,1 TMS/ha), Auvergne (8,7 TMS/ha), Rhône-Alpes (9,8 TMS/ha) et Lorraine (9,7 TMS/ha)

Des maïs moins riches et plus encombrants.

Le cru 2018 affiche une valeur énergétique moyenne de 0,90 UFL/kg de MS, soit un recul de 0,02 point par rapport à 2017. « Le taux moyen d’amidon s’établit à 22,8 %, contre 27 % l’an passé, précise Hugues Chauveau. Avec un taux de matière sèche et un encombrement plus élevés, des problèmes de conservation et une moindre ingestibilité sont à craindre. »

Les récoltes déclenchées précocement en raison d’épis peu ou pas fécondés, notamment dans le quart nord-est du pays, ont toutefois permis de conserver une bonne digestibilité des tiges et des feuilles. En conséquence, les teneurs moyennes en matières azotées totales (MAT) approchent 8 % dans le Nord-Est. « L’effet du moindre rendement en plante entière explique également cette plus forte proportion de matières azotées. »

Analyser son fourrage

La récolte de 2018 se caractérise par sa forte hétérogénéité inter- et intrarégions. « Il est vivement conseillé de faire analyser son maïs afin d’adapter sa part dans la ration et sa complémentation, souligne Hugues Chauveau. Contrairement à l’an passé, les maïs son peu acidogènes en raison d’une moindre teneur en amidon. »

Pour compenser sa faible densité énergétique dans les rations pour vaches laitières, « il est possible d’ajouter des céréales, en veillant à rester sous la barre des 23-24 % d’amidon dans la ration. L’apport de quelques kilos de matière sèche d’herbe sous forme ensilée ou enrubannée pourra être bénéfique à condition qu’elle soit de très bonne valeur alimentaire. ». Pour les bovins en finition, « l’ajout de céréales ou de coproduits riches en énergie peut être conseillé ».

V. Gu.