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Un cru 2019 très hétérogène

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Maïs ensilage - Un cru 2019 très hétérogène
« Avec 75 % des ensilages présentant une teneur en amidon dégradable inférieure à 280 g/kg de MS, les maïs de 2019 sont peu acidogènes », estime Hugues Chauveau, zootechnicien chez Arvalis. © Cédric Faimali/GFA

Malgré des conditions climatiques favorables en fin de cycle, les fortes chaleurs ont pénalisé les rendements et la qualité.

Les années se suivent et se ressemblent. À l’instar de la campagne de 2018, les maïs fourragers récoltés cette année n’auront pas échappé au déficit hydrique, en raison des deux épisodes caniculaires de la fin de juin et de la fin de juillet. « Avec un système racinaire parfois insuffisant, cela a conduit à des gabarits de plantes réduits, notamment dans les sols les plus superficiels », observe Michel Moquet, spécialiste du maïs fourrage chez Arvalis. Dans les régions du Centre-Ouest et du Nord-Est sévèrement touchées par la sécheresse, « on a parfois observé une fréquence importante de plantes sans épis ».

En conséquence, « les rendements sont en baisse un peu partout et extrêmement variables », note le spécialiste. La moyenne nationale s’établit à 11,3 t de MS/ha, en recul de 0,9 t sur un an, et de 1,1 t par rapport à la moyenne quinquennale de 2014 à 2018. « Au sein d’une même exploitation, les résultats entre parcelles peuvent être très hétérogènes en fonction de la réserve utile. »

Des maïs plutôt secs

Des rendements particulièrement bas sont enregistrés dans les régions Lorraine (9 t de MS/ha), Rhône-Alpes (8,3 t), Auvergne (6,8 t), Bourgogne (9,5 t) et Centre (7,3 t). « À l’échelle nationale, la teneur en MS moyenne à la récolte est de 33,5 %, proche des recommandations de 32 à 33 %, précise Hugues Chauveau, zootechnicien chez Arvalis. Pour autant, encore 38 % des chantiers ont été réalisés à plus de 35 % de MS. »

Le cru 2019 affiche une valeur énergétique moyenne de 0,92 UFL/kg de MS, en sensible hausse de 0,02 point par rapport à 2018. « Un quart des ensilages se situe en dessous de 0,90 UFL/kg de MS », tempère Hugues Chauveau. L’origine de l’énergie diffère selon les régions. « Les maïs sont plutôt typés “amidon” en bordure de la Manche et dans le Sud-Ouest, tandis que la bonne digestibilité des fibres des ensilages réalisés dans le Centre-Est compense en partie leur faible teneur en amidon. »

Analyser son fourrage

S’agissant des valeurs azotées, les teneurs moyennes en PDIN et PDIE affichent respectivement 46 g/kg de MS (+1 g par rapport à 2018) et 68 g/kg (+1 g). « À l’échelle nationale, la teneur moyenne en matière azotée totale (MAT) atteint 7,4 %. Cette valeur est souvent négativement corrélée au rendement et oscille entre 7,1 % en bordure de la Manche et 8,2 % dans le centre-est du pays », indique Hugues Chauveau.

Compte tenu de la forte variabilité des résultats inter- et intrarégion, « il est vivement conseillé de faire analyser son fourrage afin d’adapter au mieux la complémentation des rations » (lire l’encadré ci-dessous).

Vincent Guyot

Adapter les rations

« La majorité des maïs de 2019 sont peu acidogènes », assure Hugues Chauveau, zootechnicien chez Arvalis. Cette année, la teneur moyenne en amidon s’élève à 29,7 %, en hausse de 1,5 point sur un an. Les trois quarts des maïs récoltés présentent une teneur en amidon dégradable inférieure à 280 g/kg de MS.

« Pour une vache laitière, il convient de viser 23 à 24 % d’amidon dans la ration, ou 20 % d’amidon dégradable. Pour un jeune bovin, il est possible de monter jusqu’à 35 %. » En fonction des caractéristiques du maïs récolté, une complémentation énergétique devra être envisagée pour les maïs pauvres en amidon.

À l’inverse, il s’agira d’« évaluer la part de fourrages prairiaux à apporter pour diluer la teneur en amidon d’un maïs très riche en grain ».

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