Des difficultés pour évacuer les poules de réforme

« Si les difficultés liées aux attrapages de poules pondeuses de réforme perdurent, une partie de la chaîne de production pourrait s’interrompre », alerte Philippe Juven, le président du Comité national pour la promotion de l’œuf (CNPO). L’enjeu est d’autant plus important que les achats en grande distribution se sont envolés la semaine passée avec la mise en place du confinement à cause du coronavirus. « Nous avons connu une surchauffe de l’activité au niveau des œufs de consommation, avec une progression de 40 à 50 % des volumes. »

Le manque de personnel et les contrôles routiers expliquent ces difficultés de ramassage des animaux. « Certaines entreprises ont décidé de ne plus poursuivre leur activité. Pour celles qui continuent, les contraintes administratives sont importantes, notamment dans le cadre des contrôles liés au confinement de la population, poursuit Philippe Juven. Pour contrecarrer cette situation, certains éleveurs s’organisent pour assurer le renouvellement de leur cheptel. »

« Nous avons aussi besoin de masques »

« L’activité d’enlèvement des volailles doit nécessairement se faire en équipes, appuie Jean-Michel Schaeffer, le président de l’interprofession de la volaille de chair (Anvol). Cela implique des lourdeurs administratives pour justifier le fait de circuler à plusieurs dans un même véhicule. » Des équipements pourraient également manquer dans les semaines à venir. « Nous avons besoin de masques lors des ramassages, pour se protéger de la poussière. »

Au-delà de l’enlèvement des animaux, certains élevages sont mis à mal par un manque de débouchés. « Si la demande de poulets et de dindes reste particulièrement soutenue, les productions de canards, de volailles de Bresse, de cailles ou de pigeons connaissent d’importantes difficultés, souligne le président d’Anvol. Ces filières valorisent essentiellement leurs produits dans la restauration hors foyer, secteur aujourd’hui à l’arrêt. »

V. Gu.