1 000 brebis et leurs bergers ont fait le chemin depuis le mont Lozère, soit deux jours de marche, jusque dans le centre-ville de Mende (Lozère), où tout ce petit monde est arrivé ce matin. Cette action était organisée par trois syndicats du département (JA, la FDSEA et la Coordination rurale) et par la toute nouvelle Fédération nationale de défense du pastoralisme (FNDP).

Les éleveurs revendiquent plusieurs points :

  • que des tests ADN soient réalisés sur les quelque 600 loups en France, et ce, par deux laboratoires différents. Les éleveurs souhaitent être présents lors des prélèvements, signe de la défiance qu’ils éprouvent à l’égard des informations fournies par l’ONCFS. Les syndicats ont appris récemment la présence depuis 16 mois de deux loups de lignée balte, qu’ils soupçonnent s’être échappés du parc de Sainte-Lucie. Or, les loups baltes, tout comme les hybrides, ne sont pas protégés par la convention de Genève et peuvent donc être tirés.
  • qu’il n’y ait plus aucune attaque sur les troupeaux. « Pour cela, il faut apprendre au loup à ne plus attaquer, résume Olivier Boulat, président de la FDSEA de la Lozère. En cas d’attaque, il faut que les lieutenants de louveterie ou autres personnes assermentées aillent immédiatement lui envoyer un plomb ! Y compris dans les parcs, où seuls les tirs d’effarouchement sont aujourd’hui autorisés. Il existe une brigade anti-loup, qui travaille très bien, mais qui n’est pas en capacité d’être partout. »

« On est complètement à zéro »

Des représentants de JA, de la FDSEA, de la CR et de la FNDP ont été reçus ce matin par la préfète du département. En termes de réponses à leurs revendications, « on est complètement à zéro », soupire Olivier Boulat. « On monte crescendo la pression. Actuellement, la ville de Mende est complètement bloquée [les éleveurs occupant les ronds-points stratégiques], et on voit si on peut bloquer plus loin. Nous demandons à voir le préfet Bouillon, coordonnateur du plan loup. » Les brebis resteront sur la place de Mende tant qu’ils n’auront pas obtenu cet entretien, et trouvé ensemble des solutions.

La Lozère comptabilise une trentaine d’attaques depuis le début de l’année, avec près de 70 brebis tuées. Or, « il n’est pas possible de mettre des mesures de protection en place, car ce sont de petits troupeaux répartis un peu partout sur le territoire », décrit Olivier Boulat.

E.C.