Le Gaec de Moutiers à Dommarie-Eulmont (Meurthe-et-Moselle) accueillait le 11 mai, des adhérents de l’Association de production animale de l’Est (Apal) et Michel Biero, directeur exécutif des achats de Lidl France, pour une première nationale : la signature d’un partenariat pour aider financièrement des éleveurs engagés dans la décarbonation de leurs exploitations.

Pour l’Apal, organisation de producteurs qui regroupe 2 700 éleveurs de viande sur l’est de l’Hexagone, il s’agit d’accompagner les exploitants dans l’amélioration de leurs pratiques. Quant à Lidl, la démarche confirme son soutien aux filières locales, dans la continuité des accords commerciaux tripartites engagés depuis 2017.

Ce partenariat prévoit un plan d’action sur cinq ans, avec l’appui technique de France Carbon Agri Association. Le « crédit carbone » stipule qu’à une tonne de CO2 non rejetée dans l’atmosphère correspond un crédit. Lidl s’engage à racheter des crédits pour un montant total de 600 000 €, somme qui sera reversée aux éleveurs.

Aides directes

« Nous avons déjà mis en place beaucoup d’actions pour réduire nos émissions : panneaux photovoltaïques sur les magasins, camions électriques, chaîne du froid, a souligné Michel Biero. Pour continuer à compenser, nous préférons aider directement des producteurs qui nous fournissent, plutôt que de financer des actions que nous ne connaissons pas, parfois hors de France. »

Plusieurs éleveurs présents ont témoigné des « leviers » auxquels ils ont recours pour réduire leur bilan carbone. Audrey Deprugney, associé du Gaec de Moutiers, a cité l’augmentation de la durée de pâturage, et donc la diminution des quantités de fumier, la réduction de l’intervalle entre les vêlages­, l’autoconsommation des céréales.

D’autres adhérents ont pour leur part expliqué avoir remis en herbe une partie de leurs surfaces, développé les Cipan ou encore replanté des haies. Stéphane Peultier, le président de l’Apal, estime que chaque exploitation devrait toucher entre 10 000 et 40 000 euros au bout de cinq ans de bonnes pratiques, avec un premier acompte de 40 % au bout de deux ans.

Dominique Péronne