C’est un peu la réponse du berger à la bergère. « Nous avons proposé de mettre des caméras de surveillance dans les box de négociations », a déclaré la présidente de la FNSEA lors d’une conférence de presse le 21 février 2019, après avoir évoqué la décision de Carrefour d’imposer des caméras dans les abattoirs qui le fournissent. Les négociations commerciales, qui se tiennent annuellement entre distributeurs et producteurs, s’achèvent à la fin de février.

Une démarche unilatérale

Le groupe de distribution a annoncé à la mi-janvier qu’il allait faire passer un audit à tous les abattoirs qui le fournissent en viande pour sa marque de distributeur (MDD), et ensuite leur demander d’installer des caméras, au nom de ses engagements en faveur du bien-être animal.

La présidente de la FNSEA assure que cette démarche était unilatérale et n’a pas été menée en concertation avec les abattoirs.

Carrefour a pour sa part indiqué à la mi-janvier dans un communiqué travailler « en collaboration » avec la coopérative bretonne Cooperl, qui va installer des caméras sur ses trois abattoirs, et qui « partagera les résultats de ce test avec Carrefour, et l’association spécialisée Œuvre d’assistance aux bêtes d’abattoirs (OABA) ».

Des difficultés sur la viande

Cette année, les négociations commerciales « fonctionnent bien en lait et sur certains segments », mais « ne fonctionnent pas en viande où les demandes (de la grande distribution) sont déflationnistes de 1 % à 4 % », selon Christiane Lambert. Et d’ajouter que le syndicat n’était « pas dupe » de l’exploitation que fait la grande distribution des accords qu’elle passe sur un « segment restreint ».

La loi issue des États-généraux de l’alimentation, « ce n’est pas un coup de marketing pour ceux qui affichent des accords sur le lait », qui souvent sont limités en volume, a renchéri Patrick Bénézit, secrétaire général de la FNSEA. Ces trois derniers mois, plusieurs distributeurs ont passé des accords avec des industriels laitiers et les organisations de producteurs, ou directement avec des industriels qui s’engagent à augmenter le prix du lait à la production.

AFP