La ferme dite « des mille veaux », située à Saint-Martial-le-Vieux dans la Creuse, va pouvoir doubler son troupeau. Elle passerait ainsi de 400 à 800 têtes, grâce à un récent arrêté du préfet. Le centre d’engraissement, d’une capacité de 1 000 broutards, se heurte depuis deux ans à une forte opposition, notamment des défenseurs des animaux et de l’environnement. Un bâtiment avait même été la cible d’un incendie criminel en décembre 2016, pour lequel une enquête est toujours en cours.

De manifestations en recours administratifs, les adversaires au projet avaient réussi à freiner son expansion et la ferme tournait avec quelque 400 têtes de bétail, le seuil au-delà duquel il était nécessaire de demander le feu vert des autorités.

L’expansion est désormais possible grâce à un décret du 7 décembre 2016 de la ministre de l’Environnement de l’époque, Ségolène Royal, qui a doublé ce seuil d’animaux pouvant être accueillis sans autorisation mais sur simple enregistrement. « Un décret sur mesure », dénonce l’association de défense des animaux Lumière sur les pratiques d’élevage et d’abattage (L-PEA), le 21 février 2017 dans un communiqué. C’est elle qui, notamment, a mené une bataille judiciaire contre l’exploitation.

Des militants vent debout

« Nous constatons, une nouvelle fois, que l’État n’hésite pas à aller dans le sens des lobbys et des grands syndicats agricoles, nombreux à faire pression sur ce dossier, à l’encontre de l’intérêt général, du bien-être animal et au mépris des procédures en cours et des décisions de justice déjà rendues », s’indigne l’association. Aurore Lenoir, présidente de L-PEA, déclarait à l’AFP qu’un recours administratif contre ce décret serait déposé, « au nom de la défense des animaux et de l’environnement ».