« La signature de cet accord (Mercosur), même amendé, est en totale contradiction avec les positions défendues par le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Julien Denormandie, vendredi dernier, lors du comité de suivi des négociations commerciales », s’indigne la Confédération paysanne dans un communiqué du 2 février 2021.

Pour le syndicat l’amélioration des revenus est « primordiale pour vivre mieux, produire mieux, renouveler les générations et assurer la transition agroécologique ».

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Pas d’amélioration des revenus « sans remettre en cause le dogme du libre-échange »

Or, la Confédération paysanne craint un revirement du gouvernement, pour « sauver l’accord », dans un document de travail rendu public par Mediapart le gouvernement français indique en effet « les pistes » qu’il envisage « pour répondre aux préoccupations soulevées par le projet d’accord entre l’Union européenne et le Mercosur ».

Pour le syndicat, il ne peut y avoir d’amélioration des revenus agricoles « sans remettre en cause le dogme de la concurrence et du libre-échange, inhérent aux accords de libre-échange, qui tirent toujours les prix vers le bas ».

La Confédération paysanne appelle ainsi à une « politique publique cohérente » et demande au gouvernement d’actionner trois leviers :

  • L’opposition absolue à tous les accords de libre-échange ;
  • La réécriture de la loi Egalim, afin d’interdire enfin l’achat des produits alimentaires en dessous des prix de revient par la transformation et la grande distribution ;
  • Une Pac réellement redistributive, qui soutient les paysans et non les volumes de production ou le nombre d’hectares.

M.-A.B.